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Politique monétaire

La fin du QE, un exercice à haut risque pour la zone euro

23 mars 2018 - optionfinance.fr

Initiés fin 2014 et amplifiés début 2015, les achats d’actifs réalisés par la Banque centrale européenne dans le cadre de son programme de quantitative easing (QE) ont contribué, selon ses propres évaluations, à réduire les taux longs de 100 points de base et à générer un surcroît de croissance dans la zone euro de 1,9 % sur la période 2016-2020. Des effets qui, pour se matérialiser, ont nécessité un stimulus budgétaire colossal. «Avec le QE, la BCE a doublé la taille de son bilan, qui atteint dorénavant 40 % du PIB de la zone euro, indique Charles-Henri Colombier, directeur de la conjoncture chez Coe Rexecode, qui a publié la semaine dernière un rapport sur les perspectives 2018-2022 de l’économie mondiale. Le bilan de la Fed n’a, au plus fort de son QE, jamais excédé 25 % du PIB des Etats-Unis !»

A ce titre, l’arrêt du dispositif européen, qui pourrait intervenir en fin d’année ou début 2019, ne sera pas sans conséquence sur l’activité économique. Selon les prévisions du think tank, il devrait provoquer une appréciation de l’euro face au dollar et entretenir le mouvement de remontée graduelle des taux d’intérêt. De respectivement – 0,33 % et 0,6 % aujourd’hui, le taux Euribor 3 mois et le taux à 10 ans de l’Allemagne sont ainsi attendus à 0,8 % et 2 % fin 2020.