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La Fnac prête à diluer fortement ses actionnaires pour racheter Darty

Optionfinance.fr - 02 octobre 2015

Passée sous pavillon britannique en 1993, Darty (3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014-2015) pourrait redevenir une société française. Le conseil d’administration de l’enseigne de distribution spécialisée a en effet reçu mercredi dernier une proposition de rachat de la part du Groupe Fnac (3,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014). Avec un prix de 101 pence par titre, cette dernière valorise les capitaux propres de Darty à près de 533 millions de livres sterling (722 millions d’euros).

Alors que la Fnac disposait d’une trésorerie nette d’environ 260 millions d’euros à fin juin 2015, elle a opté pour un rachat intégral en actions. Une transaction qui impliquerait, en raison du ratio retenu à ce jour d’une action Fnac pour 39 actions Darty, de verser aux actionnaires de Darty plus de 13 millions de titres. En cas d’acceptation de l’offre, la dilution serait très significative pour les actionnaires de la société française puisque les actions créées représenteraient quelque 80 % du capital actuel (environ 16,6 millions d’actions) !

Selon des sources proches du dossier, ce choix s’explique par la structure de bilan des deux groupes. A la différence de la Fnac, Darty est endettée, à hauteur de 223,8 millions d’euros (dette nette) à la fin du précédent exercice. Souhaitant conserver un bilan solide et disposer de marges de manœuvre financières pour financer les investissements dans le numérique notamment, la Fnac a donc préféré exclure un recours à la dette ou une utilisation de ses ressources. Quant à l’aspect dilutif de l’opération, il serait compensé pour les actionnaires actuels de la Fnac par l’amélioration de la performance financière des deux sociétés réunies. Alors que la Fnac affichait un résultat opérationnel de 77 millions d’euros fin 2014, celui-ci triplerait quasiment dès la fusion effective, sous l’effet notamment des synergies attendues, évaluées par certains analystes dans une fourchette de 70 à 100 millions d’euros par an.