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La rémunération de Carlos Ghosn remet en cause la pertinence du «say on pay» consultatif

06 mai 2016 - optionfinance.fr

Le 29 avril dernier, les actionnaires de Renault votaient à 54 % contre la gratification de 7,25 millions d’euros attribuée au président-directeur général Carlos Ghosn pour l’exercice 2015. Pourtant, le conseil d’administration du groupe a tout de même décidé de maintenir son versement à l’issue d’une réunion qui aurait duré… une quinzaine de minutes. De quoi susciter de vives critiques auprès des actionnaires et des conseillers en gouvernance. «En procédant de la sorte, les administrateurs de Renault donnent aux investisseurs l’impression que ces derniers n’exercent aucune influence sur la gouvernance d’entreprise, ce qui est préjudiciable pour la réputation du groupe», explique Fabrice Rémon, fondateur de Gouvernance en Action.

Mais cette action remet aussi plus globalement en cause la pertinence du modèle français du vote consultatif sur les rémunérations («say on pay»), instauré il y a trois ans. «Il pourrait être plus efficace de permettre aux actionnaires de voter tous les trois ans de manière contraignante sur la définition de la politique de rémunération des entreprises, en plus de s’exprimer chaque année de manière consultative sur les salaires des dirigeants, indique Loïc Dessaint, directeur général de l’agence de conseil de vote Proxinvest. Ce système existe déjà au Royaume-Uni.» Une piste qui pourrait être explorée prochainement par Emmanuel Macron : le ministre de l’Economie a annoncé la semaine dernière qu’il n’excluait pas de «légiférer» si le conseil d’administration de Renault ne se réunissait pas au cours des prochaines semaines pour «tirer toutes les conséquences» de cette affaire.