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L’Af2i alerte sur le Brexit

27 octobre 2017 - optionfinance.fr

Le club prospective 2017 de l’Association française des investisseurs institutionnels (Af2i) – qui s’est réuni le 23 octobre – s’est penché sur la délicate question du Brexit et de ses conséquences pour les institutionnels français. Lors d’une table ronde, Jean Eyraud, président d’honneur de l’Af2i, a rappelé qu’il était primordial de s’assurer de la nationalité des titres et des fonds (OPC) détenus en portefeuille. Si la directive Solvabilité 2 laisse une totale liberté d’investissement autorisant des titres cotés hors de l’Union européenne (UE), le code des assurances est quant à lui un peu plus restrictif et stipule par ailleurs que le risque de change doit être limité et contrôlé. Le Brexit aura aussi un impact sur la gestion sous mandat : la société de gestion délégataire doit être agréée dans l’UE, ce qui limite de facto le recours à une société de gestion britannique, sauf à ce qu’un montage soit mis en place afin qu’elle agisse en délégation d’une autre société de gestion domiciliée dans l’UE. De leurs côtés, les banques françaises, représentées par Benoît de La Chapelle Bizot, directeur général délégué aux affaires bancaires et financières de la Fédération bancaire française (FBF), s’inquiètent d’une concurrence possible au moins disant réglementaire, mais aussi et surtout d’une éventuelle relocalisation des chambres de compensation en Europe continentale. Le risque étant que celle-ci ne concerne qu’une partie de la compensation effectuée à Londres : celle en euros pour des contreparties européennes. Les activités rapatriées afficheraient alors mécaniquement des volumes inférieurs à la compensation restée à Londres et se feraient donc avec un surcoût important. Autre sujet : le capital-investissement. Le marché britannique est en effet l’un des plus importants en Europe, il représente 41,1 milliards d’euros sur les 74 milliards d’euros levés en Europe en 2016, selon les chiffres de l’Association française des investisseurs en capital (Afic). Sur ces fonds levés en Grande-Bretagne auprès d’investisseurs internationaux, seulement un peu plus de 7 milliards d’euros viennent alimenter les entreprises britanniques, le reste va vers l’Europe continentale. Les enjeux sont donc dans ce domaine aussi très importants.