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Analyse financière

Le CAC 40 bien remis sur pied

22 juin 2018 - optionfinance.fr

La situation financière des sociétés du CAC 40 retrouve ses niveaux d’avant-crise, selon les chiffres de l’étude d’EY sur le profil financier du CAC 40 en 2017. Le chiffre d’affaires a en effet progressé de 5 %, la plus forte hausse constatée depuis 2010. «Cette hausse du chiffre d’affaires s’explique avant tout par une forte croissance organique, et non par de simples effets de périmètre liés à l’acquisition de sociétés, ce qui est synonyme d’une vraie reprise», souligne Marc Lefevre, associé France chez EY. Porté par une réduction des coûts, le résultat net part du groupe suit également cette tendance, en augmentant de 22 %, pour atteindre 94 milliards d’euros, et égalise presque les montants de 2007 (96 milliards). Un niveau qui a toutefois pu être artificiellement relevé par plusieurs éléments exceptionnels. En effet, la marge opérationnelle, qui ne prend pas en compte ces éléments, progresse moins (+ 4 %) et reste loin des niveaux d’avant-crise (7,9 % en 2017, contre 10,8 % il y a dix ans).

Cependant, les groupes du CAC 40 n’ont pas profité de ces hausses pour augmenter leurs investissements. Les gains ont été principalement versés en dividendes (48 %, un niveau stable ces dernières années), mais ils ont aussi été fortement mis en réserve, ce qui permet à ces entreprises de renforcer leur bilan. Le gearing (dette nette/capitaux propres) se maintient ainsi à un niveau très bas.

Cette meilleure santé financière a en revanche bien été intégrée par le marché, puisque la progression de la capitalisation du CAC 40 s’accélère en 2017 (+ 11 %, après + 9 % en 2015 et 2016) et atteint ainsi un niveau supérieur à celui de 2007 (1 494 milliards d’euros, contre 1 417 milliards). Ainsi, avec un price to book ratio de 1,84, l’écart avec le niveau des capitaux propres s’accentue. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de 2007. «Si les niveaux de capitalisation actuels nous renvoient à l’année 2007 et donc à un contexte de pré-crise, la situation est aujourd’hui différente, observe Sonia Bonnet-Bernard, associée chez EY. D’une part, l’écart entre la capitalisation et les capitaux propres est moins important. D’autre part, cette croissance actuelle a été conçue sur des bases solides. Ces dernières années, les entreprises ont en effet mené divers chantiers autour de leur valeur, avec parfois un recentrage sur le cœur de métier qui a conduit à des dépréciations de goodwill (survaleurs liées aux acquisitions) et la mise en œuvre de plans d’amélioration de la performance.» De quoi rassurer les agents économiques.