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Private equity

Les fonds maintiennent une croissance à deux chiffres

07 juin 2018

Les fonds de private equity au niveau mondial se portent bien. Leur performance se maintient depuis la crise financière, entre +11% et +15% par an en moyenne pour deux tiers des investisseurs, selon le baromètre semestriel de Coller Capital. L'autre enseignement de cette étude est que l'accès aux bons gérants de fonds de private equity est de plus en plus difficile. " L'accès aux bons gérants est compliqué même s'ils augmentent la taille des fonds qu'ils lèvent, conscients qu'il y a beaucoup de capitaux à placer ", commente François Aguerre, Partner chez Coller Capital.

L'une des raisons à ce phénomène est que les gérants hésitent à lever beaucoup d'argent d'un seul coup. Les investisseurs doivent donc se presser pour figurer au premier closing du fonds, au risque de ne pas réussir à placer leur argent. Plus de 60% d'entre eux déclarent avoir procédé à des engagements dans des fonds dès le premier closing par crainte de ne pas pouvoir investir le montant souhaité, précise Coller Capital. " Cette donnée a toute son importance ; le Baromètre indique que les plus gros investisseurs - ceux qui gèrent plus de 50 milliards de dollars d'actifs non cotés - pensent que le principal frein à la performance de leur portefeuille est leur incapacité à investir suffisamment auprès de leurs meilleurs gérants ", précise la société. Les placements alternatifs attirent des fonds alloués à l'obligataire Une autre raison à cet embouteillage chez les meilleurs gérants est que les performances des investissements alternatifs attirent de plus en plus d'investisseurs et ouvrent des perspectives encore très favorables.

Alors que les investissements alternatifs (dont le private equity) représentent environ 2000 milliards de dollars à l'échelle mondiale, l'investissement coté et obligataire en recouvre 200 000 milliards. Or, de plus en plus, les investisseurs transfèrent une partie de leurs fonds investis en obligations vers des placements alternatifs. " A ce titre, les infrastructures et la dette privée sont les grandes gagnantes, qui apparaissent comme des investissements quasiment de type obligataire. De plus en plus, nous voyons que les équipes de gestion obligataire des grands institutionnels allouent une partie de leurs encours dans l'alternatif ", précise François Aguerre. Une autre classe d'actifs retrouve aussi les faveurs des investisseurs, souligne Coller Capital : les fonds de fonds. Pour la première fois depuis la crise de 2008, ils redeviennent attractifs pour entrer sur le marché du private equity.

Enfin, le marché du LBO présente aujourd'hui des similitudes importantes avec la situation d'avant-crise. " Les niveaux des valorisations des actifs et de levier sont aujourd'hui élevés ", résume François Aguerre, Partner chez Coller Capital. Ce dernier souligne toutefois une différence très importante par rapport à la période précédente : les investisseurs font primer la qualité des actifs qu'ils achètent.