Bourse

Sociétés

A suivre aujourd'hui... AIR FRANCE-KLM

AOF - 20 août 2018


(AOF) - Air France-KLM s’est enfin trouvé un patron vendredi, mais le titre n'en a guère profité, accusant un recul de 3,09%. Sans surprise, il s’agit de Benjamin Smith (46 ans), l’actuel numéro deux d’Air Canada. Le dirigeant canadien prendra ses fonctions de directeur général du groupe le 30 septembre prochain au plus tard. Dans l'intervalle, la gouvernance de transition mise en place le 15 mai dernier reste en place : Anne-Marie Couderc, présidente non exécutive du conseil d'Air France-KLM et d'Air France, et le comité de direction collégiale du groupe continuent d'exercer leurs responsabilités.



 

Benjamin Smith sera "chargé en priorité de redynamiser Air France, de donner une profonde impulsion stratégique au groupe, et de travailler avec les équipes à une nouvelle approche managériale ", explique la compagnie franco-néerlandaise.


Pour ce faire, il bénéficie de la pleine confiance de l'Etat français et des principaux actionnaires d'Air France-KLM.

Toutefois, hier, les syndicats ont d'ores et déjà manifesté leur hostilité au dirigeant nord-américain alors que sa nomination semblait de plus en certaine.

"Il est inconcevable que la compagnie Air France, française depuis 1933, tombe dans les mains d'un dirigeant étranger dont la candidature serait poussée par un groupe industriel concurrent (Delta Airlines pour ne pas le citer)", s'est insurgée l'intersyndicale d'Air France, dans un communiqué.

Le week-end dernier, le SNPL, principal syndicat de pilotes au sein d'Air France, avait déjà brandi la menace de "quinze jours de grève" si le futur PDG ne reprenait pas les négociations sur les salaires à la rentrée.

Cette question épineuse avait été à l'origine de la démission de l'ancien PDG Jean-Marc Janaillac à la mi-mai et d'un mouvement de grève ayant coûté 335 millions d'euros au groupe au printemps. Benjamin Smith quitte Air Canada auréolé d'une réputation de négociateurs talentueux. Toutefois, il part sur de bien mauvaises bases avec les syndicats puisque la presse lui prête une rémunération triplée par rapport à son prédécesseur…