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ADP : l'Etat prépare sa descente au capital

AOF - 18 décembre 2017


(AOF) - Le calendrier des privatisations se précise. L'Etat enclenchera les grandes manœuvres autour d'Aéroports de Paris et de la Française des Jeux au printemps, "probablement à l'occasion du passage au Parlement du plan d'action pour la croissance de Bruno Le Maire", a confirmé l’exécutif aux Échos. La puissance publique doit en passer par la loi si elle veut céder le contrôle des deux groupes, rappelle le quotidien. Idem pour Engie, qui fera aussi l'objet de dispositions spécifiques dans le projet législatif.

Aucune décision de vente n'est formellement prise, mais l'exécutif se met en ordre de marche pour conduire ses 10 milliards d'euros de cessions d'ici à 2020 afin de financer un fonds en faveur de l'innovation, rapportent Les Echos.

Aéroports de Paris serait au cœur de ses réflexions. "Ce qui est certain, c'est qu'ADP ne fera pas l'objet d'une cession en l'état", indique le journal citant des représentants de l'Etat, actionnaire à hauteur de 50,63 % du groupe, valorisé à un peu plus de 15 milliards d'euros.

Les Echos précisent qu'à la différence d'autres aéroports, le groupe est en effet propriétaire de ses terrains - des actifs sensibles sur lesquels la puissance publique entend bien garder la main, de façon directe ou indirecte, même si elle cède ses titres ADP.

Selon le quotidien, le scénario retenu serait d'accorder à ADP une concession de très longue durée, de type cinquante voire cent ans, qui donnerait lieu, à terme, à prolongation ou à mise en concurrence. "Cela reviendrait à accorder à ADP un droit quasi exclusif de gestion et éviterait de remettre en cause son régime juridique. En toute hypothèse, il faudra cependant s'assurer de la compatibilité avec le droit communautaire", indique une source des Echos.

Dans un second temps, poursuit le journal, l'Etat arbitrera sous quelle forme céder les titres du groupe, en blocs sur les marchés, en lots sous forme d'enchères ou en intégralité en gré à gré avec une concurrence limitée. Un accord privilégié avec Vinci, le premier actionnaire d'ADP avec 8 % du capital, ne serait donc pas à l'ordre du jour.