Bourse

Sociétés

AIRBUS pourrait quitter le Royaume-Uni sans accord sur le Brexit

AOF - 22 juin 2018

(AOF) - Airbus (+2,08% à 100,64 euros) a de nouveau fait entendre sa voix concernant le Brexit. Le groupe aéronautique a fait part des risques pour son activité au Royaume-Uni dans le cas où aucun accord ne serait trouvé sur les conditions de sortie du pays de l’Union européenne l’an prochain. Airbus a réalisé une évaluation des risques liés au Brexit, dans le cas où le Royaume-Uni quitterait à la fois le marché unique et l’union douanière de manière immédiate et sans accord. Une option baptisée communément "Hard Brexit" dans les médias.

Il en ressort que ce scénario provoquerait de graves perturbations pour la production de l'avionneur au Royaume-Uni. "Cela forcerait Airbus à reconsidérer ses investissements au Royaume-Uni à long terme", a indiqué l'avionneur dans un communiqué.

"Dit simplement, un scénario sans accord menace directement le futur d'Airbus au Royaume-Uni", a déclaré Tom Williams, le directeur général adjoint d'Airbus Commercial Aircraft.

Sur son site internet, Airbus indique qu'il compte 15 000 employés au Royaume-Uni, répartis sur 25 sites. Le groupe dit dépenser chaque année 5 milliards de livres sterling (environ 5,71 milliards d'euros) avec les fournisseurs britanniques et être en relation avec près de 4 000 d'entre eux.

Suite à ce coup d'éclat d'Airbus, Jefferies a réitéré sa recommandation Achat sur le titre Airbus, assortie d'un objectif de cours de 110 euros. Le bureau d'études comprend le point de vue du groupe aéronautique sachant que les délais de négociation sur le Brexit s'avèrent courts pour mettre en place des plans susceptibles d'y faire face.

Dans le même temps, le broker s'interroge sur les raisons pour lesquelles le groupe communique tant sur le Brexit, attirant au passage l'attention sur son exposition potentielle, car il n'a rien à y gagner en termes de valorisation du titre. Néanmoins, Jefferies salue la prise en compte du problème par Airbus et apprécie l'avionneur pour cette raison. Un parti que les investisseurs semblent également avoir pris aujourd'hui.