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ALTRAN : des commandes fictives chez Aricent avec des conséquences réelles très négatives en Bourse

AOF - 13 juillet 2018


(AOF) - Réservée à la baisse à l’ouverture, l’action Altran a flanché de 28,21% à 8,60 euros à la suite de la découverte de bons de commande fictifs chez Aricent. Le groupe de R&D externalisée a racheté en 2017 cette société américaine de services de design et d'ingénierie dans le domaine du digital pour 1,7 milliard d’euros. Une valorisation jugée élevée à l'époque. Le groupe français a cherché à rassurer les investisseurs en précisant que cet agissement est le fait d'un individu et concerne un client, pour un montant de l'ordre de 10 millions de dollars.

En 2017, Altran a enregistré près de 3 milliards d'euros de revenus en prenant en compte Aricent.

En dépit de la faiblesse relative du montant incriminé, cette irrégularité a conduit le groupe à réévaluer la marge d'Aricent à environ 15,6% sur les douze derniers mois à juin 2018 alors qu'il communiquait auparavant sur une marge de 18,3% sur les douze derniers mois à fin septembre 2017.

Afin de rétablir le profil de marge du groupe américain à ce niveau d'ici la fin de l'année, les équipes de direction d'Aricent et d'Altran ont engagé un plan d'action immédiat visant à ajuster à la baisse la base de dépenses.

Altran se réserve le droit de procéder à un recours juridique

Réagissant à ces développements, Invest Securities souligne avoir du mal à comprendre comment un bon de commande de 10 millions de dollars pourrait avoir un impact de -18,2 millions de dollars (15,6 millions d'euros) sur l'Ebita d'Aricent. "Selon les explications données sur les raisons de la réévaluation du profil de marge, nous pensons qu'un certain scepticisme pourrait s'installer sur le potentiel financier d'Aricent", ajoute l'analyste.

Lors d'une conférence téléphonique, le PDG d'Altran, Dominique Cerutti, a indiqué que cette découverte pourrait avoir une incidence sur le prix d'acquisition d'Aricent, rapporte Reuters.

"Le rationnel stratégique de l'acquisition d'Aricent est robuste et n'est pas affecté par cet incident", a déclaré Altran. Via cette opération, le groupe souhaitait augmenter son offre à valeur ajoutée, accélérer son industrialisation en recourant plus intensément à l'offshore et rééquilibrer son offre géographique vers les Etats-Unis.

Altran a ajouté avoir lancé une enquête approfondie relative au contrôle interne d'Aricent pour confirmer que cet évènement est un cas isolé, et renforcera le cas échéant ses procédures de contrôle. Le groupe de R&D externalisée se réserve par ailleurs le droit de procéder à tout recours juridique à sa disposition.

L'annonce de ce matin ravive de mauvais souvenirs : Altran avait artificiellement gonflé ses revenus en 2001 et 2002 et été condamné par l'Autorité des marchés financiers.