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Analyse mi-séance AOF Wall Street - Les banques et Nike alimentent le rebond

AOF - 29 juin 2018


(AOF) - Wall Street prolonge son rebond d'hier. Les investisseurs profitent qu'aucune nouvelle tension ne soit apparue dans le dossier commercial et ne prennent pas ombrage de l'accélération de l'inflation PCE à 2% en mai. Son impact - elle pourrait raviver la crainte d'une accélération de la normalisation de la politique monétaire de la Fed - est sans doute compensé par une légère déception concernant la consommation des ménages, gage d'une croissance contrôlée de l'économie. La tendance est également soutenue par Nike et les banques. Le Dow Jones gagne 1,03% à 24 463,31 pts et le S&P 0,84%.

La Fed a présenté hier soir les résultats définitifs des stress tests pour les banques présentes aux Etats-Unis. Seule la filiale américaine de Deutsche Bank, DB USA Corporation, ne les a pas réussis tandis qu’elle a émis des réserves pour Morgan Stanley et Goldman Sachs. En Bourse, Deutsche Bank gagne 1,7% à 9,214 euros, les problèmes de ses activités aux Etats-Unis étant bien connus depuis la publication fin mai d’un article du Wall Street journal. Selon celui-ci, la Fed jugeait que ses activités américaines étaient "en difficulté".

Les chiffres économiques du jour

Aux Etats-Unis, l'indice de confiance du consommateur publié par l'Université du Michigan est ressorti à 98,2 pour juin dans sa version définitive. La première estimation le donnait à 99,3 et le consensus Reuters était de 99,2.

Aux Etats-Unis, l'indice des directeurs d'achat (PMI) de la région de Chicago est ressorti à 64,1 en juin. Il était de 62,7 en mai et le consensus Reuters l'annonçait à 60.

Aux Etats-Unis, les dépenses des ménages ont augmenté de 0,2% en mai. Le consensus Reuters était de +0,4% après +0,5% (révisé de 0,6%) en avril. Les revenus des ménages ont progressé de 0,4% en mai. Le consensus Reuters était de +0,4% également après +0,2% (révisé de +0,3%) en juin.

Aux Etats-Unis, l'inflation PCE, indicateur de référence de la Fed, a atteint 0,2% en mai. Elle était de 0,2% en avril et le consensus Briefing était de 0,2%. L'inflation PCE annuelle ressort, elle, à 2,3% après 2% en avril. En données "core", c'est-à-dire hors prix de l'alimentation et de l'énergie, elle a été de 0,2% en mai. Elle était de 0,2% en avril et le consensus la voyait à 0,2%. L'inflation "core" annuelle est de 2%, soit précisément le niveau recherché par la Fed, mais supérieure au consensus Reuters de 1,9%.

Les valeurs à suivre aujourd'hui

CITI
Ayant réussi les tests de résistance de la Fed, Citi va pouvoir mettre en oeuvre ses projets d'amélioration de la rémunération de ses actionnaires. La banque américaine entend faire passer son dividende trimestriel de 32 cents par action à 45 cents à partir du troisième trimestre. Elle va également autoriser un programme de rachat d'actions d'un montant maximum de 17,6 milliards de dollars entre le 1er juillet 2018 et le 30 juin 2019. Citi prévoit de retourner au moins 60 milliards de dollars à ses actionnaires entre 2017 et 2019.

CONSTELLATION BRANDS
Le fabricant et distributeur de boissons alcoolisées Constellation Brands a dévoilé des résultats plus faibles que prévu. Au premier trimestre, clos fin mai, le bénéfice net du propriétaire de la Corona a atteint 743,8 millions de dollars, soit 3,77 dollars par action, contre 398,5 millions et 1,88 dollar un an plus tôt. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action s’est élevé à 2,20 dollars contre un consensus Thomson Reuters de 2,43 dollars. Ses ventes ont, elles, progressé de 6% à 2,047 milliards de dollars alors que Wall Street visait 2,04 milliards de dollars.

GOLDMAN SACHS/MORGAN STANLEY
Si la Fed, dans le cadre des stress tests, a autorisé la grande majorité des banques opérant sur le sol américain à augmenter la rémunération de leurs actionnaires, elle a demandé à Goldman Sachs et Morgan Stanley de ne pas l'accroître. Le conseil des gouverneurs souhaite en effet qu’elles augmentent leurs fonds propres, qui ont été pénalisés par la réforme fiscale. Dans le scénario très défavorable des tests de résistance, au moins un de leurs ratios de capital était en effet inférieur au minimum réglementaire.

JPMORGAN
Ayant réussi les tests de résistance de la Fed, JPMorgan Chase & Co va pouvoir aller de l’avant avec ses projets d’amélioration de la rémunération de ses actionnaires. La première banque américaine par la taille du bilan entend faire passer son dividende trimestriel de 56 cents par action à 80 cents à partir du troisième trimestre. Elle va également autoriser un programme de rachat d’actions d’un montant maximum de 20,7 milliards de dollars entre le 1er juillet 2018 et le 30 juin 2019.

NIKE
Nike a fait état d'une croissance de 13% de son bénéfice net au quatrième trimestre clos fin mai à 1,137 milliard de dollars ou 69 cents par action. Les ventes de l'équipementier sportif américain ont, de leur côté, augmenté de 13% à 9,78 milliards de dollars. Le consensus Zacks était de 64 cents et 9,34 milliards de dollars. De plus, Nike annonce un programme de rachat d'actions de 15 milliards de dollars a réaliser dans les quatre ans suivant l'expiration de l'actuel programme de 12 milliards, prévue au cours de l'exercice actuel 2019.

WALGREENS
Jefferies a dégradé sa recommandation sur Walgreens Boots Alliance d'Acheter à Conserver et ramené son objectif de cours de 85 à 65 dollars. Le broker souligne la conjonction de deux facteurs défavorables : l'acquisition de Pillpack par Amazon fait de ce dernier un concurrent très sérieux pour le réseau de pharmacies tandis que les résultats du troisième trimestre dévoilés hier par Walgreens ont été marqués par une faible croissance des ventes à magasins comparables.

WELLS FARGO
Ayant réussi les tests de résistance de la Fed, Wells Fargo va pouvoir aller de l’avant avec ses projets d’amélioration de la rémunération de ses actionnaires. Le premier prêteur immobilier américain entend faire passer son dividende trimestriel de 39 cents par action à 43 cents à partir du troisième trimestre. Il va également augmenter son programme de rachat d’actions, qui passera de 11,5 à 24,5 milliards de dollars.