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ASSURANCES : la perspective est négative pour l'assurance dommages, stable pour l'assurance-vie, selon Moody's

AOF - 29 novembre 2017


(AOF) - Moody's estime que la perspective pour le secteur français de l'assurance dommages est négative, l'intensité de la concurrence entamant la marge de manœuvre dont disposent les assureurs pour relever leurs tarifs. L'assurance automobile demeurera techniquement déficitaire et les ratios combinés en assurance dommages - indicateurs clé de la rentabilité des compagnies d'assurance - se maintiendront dans l'ensemble autour de 100%, soit proche du seuil de rentabilité, prévoit l'agence de notation.

"La rentabilité des assureurs est, de ce fait, vulnérable en cas d'une augmentation inattendue de la sinistralité", met en garde Moody's.

Au vu de la faiblesse actuelle des taux d'intérêt, l'agence s'attend en outre à une érosion persistante des résultats financiers, principale source de rentabilité pour les assureurs dommages actuellement. Elle relève toutefois qu'à la faveur d'une récente remontée de ces taux, les assureurs ne seront plus tenus d'ajuster le taux d'actualisation des provisions de rentes automobile.

Moody's juge possible une décollecte d'assurance-vie entre 2018 et 2022

S'agissant de l'assurance-vie, la perspective de Moody's est stable. Selon l'agence de notation, la capacité des assureurs vie à répercuter sur les assurés l'impact de la baisse de leurs résultats financiers en réduisant les taux servis va protéger leur rentabilité. Moody's s'attend, en outre, à ce que les compagnies continuent à voir leurs ventes de contrats en unité de compte croître et leurs ventes de produits à capital garanti régresser.

Toutefois, la collecte nette d'assurance-vie est en régression et une phase de décollecte pourrait s'amorcer entre 2018 et 2022 en raison de l'augmentation structurelle des rachats et des prestations, couplée à un niveau historiquement faible de la collecte brute.

"Ceci est en partie révélateur de l'accroissement de la concurrence avec les banques et gestionnaires d'actifs qui constitue un défi stratégique pour les acteurs français de l'assurance. Même si l'assurance-vie reste compétitive face aux produits bancaires et de gestion d'actifs, cette concurrence s'intensifie du fait de la faiblesse des taux d'intérêt mais aussi de la mise en place d'un prélèvement forfaitaire unique - ou "flat tax" - sur l'ensemble des produits d'épargne. Face à cette redéfinition du paysage, à défaut de parvenir à concevoir de nouveaux produits d'épargne et de prévoyance que les banques et gestionnaires d'actifs ne seraient pas en mesure de transposer dans leur offre, les assureurs seront, sur le long terme, confrontés à des difficultés pour maintenir leur rentabilité", conclut Moody's.