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BOLLORE/VIVENDI : Vincent Bolloré, soupçonné de corruption, en garde à vue

AOF - 24 avril 2018


(AOF) - Plus qu'un crachin. L'action du groupe Bolloré (-6,14% à 4,19 euros) a été sévèrement malmenée à la Bourse de Paris. Le titre Vivendi, contrôlé par Vivent Bolloré, n'est pas épargné (-0,67% à 20,86 euros). Les investisseurs réagissent à la mise en garde à vue de l'homme d'affaires breton dans les locaux de la police judiciaire, à Nanterre.

Selon le site Internet du Monde, le milliardaire français est convoqué en tant que " mis en cause " dans le cadre d'une information judiciaire ouverte notamment pour " corruption d'agents publics étrangers " et portant sur les conditions d'obtention en 2010 de deux des seize terminaux à conteneurs opérés par le groupe Bolloré sur le continent africain, l'un à Lomé, au Togo, l'autre à Conakry, en Guinée.

Les magistrats soupçonnent les dirigeants du groupe d'avoir utilisé leur filiale de communication Havas pour faciliter l'arrivée au pouvoir de dirigeants africains en assurant des missions de conseil et de communication sous-facturées, précise le site Internet du quotidien. L'objectif de la société aurait été d'obtenir les concessions portuaires des lucratifs terminaux à conteneurs.

Plusieurs autres cadres du groupe étaient eux aussi en garde à vue aujourd'hui, assurent plusieurs autres organes de presse : le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international de l'agence de communication Havas.

Dans un communiqué, le groupe Bolloré, qui a confirmé l'audition de plusieurs de ses dirigeants sans les nommer, a nié toute irrégularité.

"Le Groupe Bolloré est satisfait de pouvoir s'expliquer sur des soupçons distillés ces derniers jours et qui sont particulièrement infondés et inexistants. Cette audition permettra de dissiper tous les doutes que certains ont cru pouvoir avancer", a expliqué l'avocat de Vincent Bolloré, Olivier Baratelli, dans une déclaration transmise à Reuters.

Un porte-parole du gouvernement guinéen a de son côté assuré que la concession accordée au groupe Bolloré pour le port de Conakry était strictement conforme à la loi. Affaire à suivre.