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CARREFOUR : investisseurs et analystes réservent un accueil glacial aux ventes du premier trimestre

AOF - 12 avril 2018


(AOF) - Carrefour a chuté de 3,40% à 15,92 euros, la plus forte baisse du CAC 40, au lendemain de la publication de ses ventes du premier trimestre. Elles ont progressé en organique (changes et magasins comparables) de 0,4% pour atteindre 20,776 milliards d'euros alors que le consensus les attendait à 20,90 milliards. Oddo BHF était même plus optimiste qui visait 22,81 milliards. Le distributeur a particulièrement souffert sur les trois premiers mois de l'année d'une météo défavorable en Europe, mais aussi des grèves qui ont touché certains magasins français.

Ces éléments conjoncturels se sont combinés à des difficultés plus structurelles, auxquelles Carrefour est confronté depuis de nombreux trimestres : un environnement concurrentiel qui se durcit en France et en Europe et la déflation dans l'alimentaire au Brésil.

Dans ce contexte compliqué, Carrefour a vu ses ventes reculer en organique de 0,1% en France, son principal marché, pour atteindre 9,489 milliards d'euros. Cette performance est globalement en ligne avec les attentes. En Europe, hors France (Espagne, Italie, Pologne essentiellement), l'heure est plutôt à la détérioration des tendances en vigueur avec une baisse de 0,8% de l'activité du groupe. En Italie par exemple, les ventes de Carrefour ont baissé de 3,2% au premier trimestre, leur pire performance depuis le deuxième trimestre 2015, précise Barclays. Dans les pays émergents, Carrefour se débat toujours avec la déflation au Brésil et a encore subi une chute de 6,6% en Chine.

Carrefour fera face à une base de comparaison exigeante au deuxième trimestre

Si les analystes ne s'attendaient pas à un quelconque miracle pour Carrefour au premier trimestre, ils prennent tous acte que cette publication ne fait qu'accroitre un peu plus le manque de visibilité sur le dossier. Tous notent que Carrefour va être confronté au deuxième trimestre, en plus de toutes les autres difficultés, à une base de comparaison particulièrement exigeante.

"Le marché accorde sans doute encore le bénéfice du doute à Alexandre Bompard mais il devra bientôt faire la preuve d'un retournement de tendance réel au niveau de ses ventes pour que son plan de redressement soit vraiment pris au sérieux", juge Bernstein. Pour Barclays, les résultats de Carrefour ne devraient pas s'améliorer à court terme. L'analyste prévoit une baisse de 19,7% du résultat opérationnel du groupe au premier semestre. Il a ramené de 18,50 à 17,30 euros son objectif de cours sur la valeur.

Oddo BHF anticipe lui un recul de 18% sur cette période. Le bureau d'études juge de surcroit que le consensus pour l'ensemble de l'exercice 2018 est trop élevé. Lui-même table sur un résultat opérationnel annuel de 1,89 milliard d'euros, inférieur de 5% au consensus FactSet de 1,99 milliard.