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CGG : la fin de l'ère Malcor

AOF - 05 décembre 2017

(AOF) - CGG dira au revoir à son directeur général, Jean-Georges Malcor, 61 ans, à l'issue de son processus de restructuration, soit dans le courant du premier trimestre 2018. Le groupe parapétrolier lui dira-t-il merci ? Quelques heures après l'annonce de ce départ, le bilan du centralien, à la tête du groupe depuis huit ans, apparaît contrasté. Au son crédit figure sa participation active à la transformation de l'ancienne Compagnie générale de géophysique, rebaptisée CGG en 2013, "en leader incontesté de la recherche sismique".

CGG a renforcé cette position en rachetant, en 2012, la division géoscience du néerlandais Fugro pour 1,35 milliard de dollars – après avoir doublé de taille en 2007 avec l'acquisition de l'américain Veritas.

Soucieux, également, de protéger son groupe d'un éventuel retournement de conjoncture, Jean-Georges Malcor avait lancé une vaste restructuration industrielle à travers un sévère "plan de transformation" avant même les prémices de la crise comportant une réduction de la flotte de navires, une baisse drastiques des effectifs, des frais généraux et limitation des investissements.

Mais au début de l'été 2014, les cours du pétrole, alors à des niveaux historiques, se sont brutalement retournés à la baisse, perdant 50% en quelques mois. Cet effondrement aussi inattendu que spectaculaire a conduit les compagnies pétrolières à réduire drastiquement leurs investissements. Conséquence, en dépit des efforts de Jean-Georges Malcor, les pertes de CGG n'ont cessé de se creuser tandis que la dette a atteint la somme de 2,3 milliards de dollars.

Au final, malgré plusieurs augmentations de capital à chaque fois très dilutives, l'entrée de Bpifrance et de l'institut français du pétrole au tour de table de CGG, Jean-Georges Malcor a été contraint de mettre en place cette année un plan de sauvegarde. Celui-ci se traduira de fait par la prise de contrôle du groupe par ses créanciers en raison de la conversion de la dette en capital, qui aura pour effet une dilution massive des actionnaires actuels.

En Bourse, le constat est édifiant : avant même le début du plan programmé début 2018, l'action avait abandonné 99,5% de sa valeur en cinq ans. La capitalisation boursière de l'ex-fleuron pétrolier français avoisine désormais les 87,2 millions. Loin, très loin du 1,5 milliard d'euros que Technip avait proposé il y a trois ans pour l'acquérir… Une proposition rejetée par Jean-Georges Malcor.