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EDF contraint de revoir ses ambitions à la baisse

AOF - 30 octobre 2017


(AOF) - Nouveau coup dur pour EDF. En raison du report du redémarrage de la centrale de Tricastin, le groupe a une nouvelle fois revu à la baisse son objectif de production nucléaire pour l'année 2017. Contrairement au mois dernier, le groupe a également abaissé ses objectifs financiers. Il table sur une production nucléaire comprise entre 383 - 387 TWh contre 385 - 392 TWh prévus fin septembre.

L'Ebitda est attendu entre 13,4 et 14 milliards d'euros contre 13,7 et 14,3 milliards d'euros précédemment. Le groupe a assuré qu'il restait mobilisé pour atteindre un Ebitda 2017 supérieur à 13,7 milliards d'euros.

EDF a expliqué que cette révision à la baisse était notamment liée à l'arrêt des quatre réacteurs de la centrale du Tricastin imposé par l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) fin septembre.

L'Autorité avait demandé au groupe le renforcement d'une portion de digue d'un canal au nord du site, afin de garantir qu'elle résiste en cas de séisme d'une ampleur exceptionnelle. Les travaux ont été terminés le 27 octobre.

EDF tablait sur un démarrage de ses quatre réacteurs de 900 mégawatts le 2 novembre. Mais pour des raisons techniques, il a décalé cette perspective au 13 novembre pour un premier réacteur, et au 27 novembre pour les trois autres.

Au final, 22 des 58 réacteurs nucléaires sont à l'arrêt à France, une situation qui relance la crainte d'une possible pénurie d’électricité en cas d'hiver froid. Sur le marché, les prix de l’électricité, en hausse depuis le mois d'août, progressent fortement aujourd'hui. Le mégawattheure s'échange actuellement à 59,41 euros contre 43,32 euros dimanche.

Une progression qui, paradoxalement, ne bénéficie pas à EDF à court terme. En règle générale, le groupe vend en avance sa production à un prix fixé. S'il ne produit pas assez, il est contraint de s'approvisionner à prix fort sur le marché pour honorer ses commandes.

La hausse des prix, si elle se prolonge, le scénario privilégié des analystes, devrait en revanche profiter au français, premier producteur d’électricité européen.

En Bourse, l'évolution du titre reflète cette opposition court/long terme. EDF a cédé 3% en début de séance avant de voir son repli s'atténuer. Vers 15h, le titre ne cède plus que 0,62% à 11,265 euros.