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EUROFINS SCIENTIFIC : la success story entamée il y a 30 ans se prolonge

AOF - 25 octobre 2017


(AOF) - La lune de miel entre Eurofins Scientific et les marchés, inaugurée il y a 20 ans presque jour pour jour - le groupe a été introduit en Bourse le 24 octobre 1997 - est bien partie pour continuer encore 20 ans. Le titre du spécialiste de la bioanalyse et des tests pour la santé gagne encore 2,34% à 540,7 euros ce mercredi après la publication d'un chiffre d'affaires trimestriel encore très dynamique.

La croissance organique d'Eurofins au troisième trimestre a atteint 7,4%, non seulement en nette accélération par rapport aux trimestres précédents mais en plus largement au-dessus de son objectif annuel de 5%. Son chiffre d'affaires a ainsi atteint 731 millions d'euros. L'activité du groupe a été particulièrement dynamique aux Etats-Unis, "très au-dessus de sa moyenne", le premier pays hors France - Eurofins est né à Nantes en 1987 - dans lequel le groupe s'est implanté en 1997.

Outre le moteur de la croissance organique qui tourne à plein régime, Eurofins Scientific peut aussi compter sur le dynamisme de son deuxième axe de performance : les fusions-acquisitions. Très actif sur ce marché depuis le début de l'année, le groupe a conclu une quarantaine de deals, tous n'étant pas finalisés, ce qui correspond à environ 600 millions d'euros de chiffre d'affaires acquis. Là encore, l'objectif de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires à acquérir chaque année dans le cadre de la feuille de route 2020 est nettement dépassé.

Dans ce contexte, il apparait logique que le groupe relève ses perspectives. Nombre d'analystes s'y attendaient au vu des dernières publications d'Eurofins. C'est donc sans surprise que le groupe a indiqué qu'il dépasserait les 2,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires cette année et a avancé d'un an, à 2019, la réalisation de son objectif de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit un doublement par rapport à 2015. En guise de point d'étape, Eurofins vise 3,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2018.

Alors que tout semble sourire à Eurofins Scientific, Jefferies soulève deux bémols à cette publication. D'abord, il note que le groupe n'a pas réitéré sa prévision d'Ebitda pour 2017, soulevant des doutes sur l'évolution de sa rentabilité suite aux nombreuses acquisitions, potentiellement dilutives, qu'il a réalisées. De plus, l'analyste juge que le bilan de la société est "raisonnablement plein", avec un ratio d'endettement estimé à 3 fois l'Ebitda. Dans ce contexte, si le groupe souhaite réaliser de nouvelles acquisitions structurantes, il devra sans doute trouver des sources de financement supplémentaires.