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EXEL : l'avertissement sur les ventes laisse les investisseurs de marbre

AOF - 31 mai 2018

(AOF) - Exel Industries a fini sur un gain de 0,48% à 105 euros à la Bourse de Paris alors que l'avertissement lancé sur ses ventes annuelles, attendues en baisse par rapport à l'exercice précédent, aurait pu faire craindre des cessions de titres massives. En fait, investisseurs et analystes ne sont pas vraiment surpris de cet abaissement de guidance alors que plusieurs d'entre eux avaient déjà révisé leurs prévisions suite à la faiblesse de l'activité au premier semestre. Déjà publié le 19 avril, le chiffre d'affaires d'Exel sur cette période a reculé de 2,3% à 343 millions d'euros.

Il a certes été pénalisé par des effets de change très défavorables - à changes constants, il a progressé de 0,4% - mais pas seulement. En effet, la principale activité du groupe Exel, la pulvérisation agricole, a reculé de 5,8% au premier semestre, dont -2,5% à changes constants. Sur ce marché, Exel a du passer des augmentations de tarif liées aux évolutions de la réglementation sur les moteurs imposant de passer des normes Tier 3 à Tier 4.

Sur le seul deuxième trimestre, clos fin mars, le chiffre d'affaires global du groupe français avait reculé de 5,9%. Il avait chuté de 7,9% dans la pulvérisation agricole. A changes constants, l'activité d'Exel a baissé de 2,5%, dont -4,2% dans la pulvérisation agricole.

Exel a moins bien absorbé ses coûts fixes en raison de sa faible croissance

Dans ce contexte, la chute du bénéfice net d'Exel au premier semestre, passant de 8,4 à 4,1 millions d'euros, n'est surprenante que sur un point : l'effet de change a été plus défavorable que ce que prévoyaient les analystes, à 2,8 millions d'euros. Son impact est d'autant plus important qu'il s'était traduit par un gain de 1,4 million d'euros l'année dernière.

Pour le reste, la baisse de 15,1 à 10,9 millions d'euros du résultat opérationnel courant d'Exel au premier semestre était là aussi anticipée par plusieurs analystes. Il a représenté 3,2% des ventes à fin mars 2018 contre 4,3% à fin mars 2017. L'une des raisons à la dégradation de la rentabilité du groupe est que la faible croissance de sa principale activité ne lui a pas permis d'absorber ses coûts fixes autant qu'il l'aurait fallu.

D'autre part, souligne LCM, l'activité d'Exel est structurellement marquée par une forte saisonnalité qui lui fait réaliser la quasi-intégralité de ses résultats au second semestre. Ces arguments ne convainquent qu'à moitié Gilbert Dupont qui fait entendre une voix discordante en soulignant que les résultats d'Exel sont très inférieurs à ses attentes.