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La valeur du jour à Paris - CASINO s'effondre, Bernstein dévalorise

AOF - 08 août 2018


(AOF) - Casino s'effondre de 9,83% à 30,91 euros. Il s'agit de son plus bas niveau depuis octobre 1996. En cette période de faible actualité en provenance des entreprises, les investisseurs réagissent très fortement à la moindre information. Aujourd'hui, c'est une note du bureau d'études Bernstein qui a fait l'effet d'une bombe : l'analyste a abaissé son objectif de cours de 35 à 26 euros sur Casino, entrainant une dégradation de son opinion sur la valeur, désormais de Sousperformance.

Il a réévalué les relations que Casino entretient avec des "tierces parties", notamment ses franchisés français, et sur les conséquences qu'elles ont sur ses résultats et son free cash flow. En l'occurrence, Bernstein estime que son Ebitda, un indicateur communément utilisé pour valoriser une société cotée, doit être réduit de 152 millions d'euros pour refléter cet impact.

Bernstein a donc plongé dans l'univers des franchisés Casino, mettant en avant deux types de relations avec ces entreprises. La première consiste à exfiltrer la majorité du capital d'un ou plusieurs magasins en pertes tout en restant actionnaire minoritaire, souvent selon une répartition 51/49%.

Bernstein note que ces opérations, qui reviennent régulièrement chez Casino et ne doit pas à ce titre être considérées comme des éléments exceptionnels qui n'auraient pas d'impact sur les comptes, nécessitent à chaque fois la création/recapitalisation d'une coentreprise. De plus, le fait qu'elles soient en pertes risque d'entrainer une dépréciation de la valeur de ces actifs, qui se répercute au niveau de Casino.

L'autre relation entre les franchisés de Casino et la maison-mère consiste pour cette dernière à rester majoritaire des magasins dont il ouvre le capital. Le plus souvent il s'agit de magasins bénéficiaires mais Casino laisse la majorité des dividendes à son franchisés, observe Bernstein. 

Ces considérations autour de la valorisation de Casino soulèvent une nouvelle fois la question du financement de sa dette, déplore Bernstein. Ces dernières semaines, ce thème est revenu avec force sur le marché tandis que Rallye, maison-mère de Casino, va faire face à des besoins de refinancement très importants. Cela implique que le distributeur français se montre encore plus généreux en dividendes afin de les assurer. D'autant qu'une grande partie des échéances de Rallye repose sur des actions Casino offertes comme collatéral.