Bourse

Sociétés

La valeur du jour à paris - EDF : les parlementaires britanniques s'insurgent contre le coût d'Hinkley Point

AOF - 22 novembre 2017


(AOF) - Si certains observateurs se plaignent régulièrement de l'impéritie financière d'EDF (+1,4% à 10,195 euros), il semble que dans le financement de la construction de la centrale nucléaire d'Hinkley Point, l'électricien pourrait avoir bien manœuvré. Certes, l'ensemble des risques de construction sont pris par les investisseurs, soit EDF et son partenaire chinois CGN. Le coût est actuellement estimé à 22 milliards d'euros et tout retard ou dépassement sera à leur charge. Mais, en contrepartie, EDF a conclu un contrat avec le Royaume-Uni qui suscite l'indignation des parlementaires britannique

Pendant 35 ans, Londres s'est engagé à racheter au groupe français le prix de l’électricité produite à Hinkley Point au prix de 92,5 livres le mégawattheure, le double du prix de gros actuel. Si le prix de gros est inférieur, les consommateurs britanniques devront régler la différence. Inversement, EDF devra rembourser un trop-perçu lorsque le prix du marché dépassera 92,5 livres.

Le problème pour le National Audit Office, l'organisme chargé de superviser les dépenses publiques pour le compte du parlement en Grande-Bretagne est que les termes du contrat tournent désormais clairement à l'avantage d'EDF.

Ce contrat a été signé en 2013 au moment où le baril de pétrole dépassait les 100 dollars et tous les économistes tablaient sur une progression des prix de l’électricité. Or, la donne a depuis radicalement changé, les cours du pétrole ont chuté et les prévisions des cours de l’électricité sont bien plus prudentes.

Résultat, ces paiements complémentaires, qui alourdiront la facture d'électricité des particuliers, pourraient s'élever jusqu'à 30 milliards de livres, soit cinq fois plus que les projections initiales.

A la lumière du retournement à la baisse des prix de l'énergie, les parlementaires reprochent au ministère britannique de l’Énergie de ne pas avoir essayer de renégocier l'accord au moment du feu vert final, en octobre 2016. Londres a présumé selon eux que les investisseurs dans le projet n'auraient pas accepté un rendement plus faible.

Effectivement, le dossier était électrique en France à l'époque. Inquiet de l'impact du projet sur l'endettement déjà massif d'EDF, le directeur financier Thomas Piquemal, avait préféré démissionner.

Dans leur rapport, les parlementaires critiquent finalement l'architecture même du contrat. En obligeant EDF à prendre tous les risques, le gouvernement a augmenté sensiblement les coûts de la centrale pour les consommateurs.