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La valeur du jour à Paris - ILIAD : l'incertitude qui règne sur le dossier italien pèse encore

AOF - 20 décembre 2017


(AOF) - Iliad affiche un repli de plus de 2% aujourd'hui, de même ampleur que celui enregistré hier (-2,01%), et cote 195 euros, au plus bas depuis fin novembre. Le titre de la maison-mère de Free reste sous pression après les révélations de Bloomberg, publiées hier avant la clôture des marchés, selon lesquelles Iliad retarderait son lancement en Italie. Contacté par AOF, Iliad n'a pas souhaité commenter ces rumeurs, ce qui ne contribue évidemment pas à rassurer les investisseurs.

Selon Bloomberg, l'opérateur télécoms attendrait finalement le deuxième trimestre 2018 pour déployer ses forfaits à prix cassés dans la péninsule. Jusqu'à présent, le calendrier prévoyait plutôt une arrivée en début d'année. Si ce décalage était confirmé, il pourrait être le signe de difficultés inattendues rencontrées par Iliad en Italie où la concurrence l'attend de pied ferme. Vodafone, Telecom Italia ou encore Three ont eu en effet plus d'un an pour se préparer à l'arrivée de Free puisque le projet a été validé par la Commission européenne en septembre 2016.

L'incertitude régnant sur l'avènement de Free en Italie a été de surcroit renforcée par l'annonce de son arrivée sur un autre marché européen : l'Irlande. Les investisseurs et les analystes se montrent surpris par ce mouvement qui se traduit par l'entrée d'Iliad au capital d'Eir, l'opérateur historique irlandais, à hauteur de 31,6%. Iliad va débourser 320 millions d'euros dans cette opération.

Parallèlement, NJJ, le holding personnel de Xavier Niel, le fondateur d'Iliad, fait de même et prend 31,6% d'Eir. Le deal prévoit qu'Iliad dispose d'une option d'achat sur 80% de la participation de NJJ, exerçable en 2024, ce qui lui permettrait à terme de prendre le contrôle de Eir.

Si l'objectif qui sous-tend l'entrée au capital d'Eir est le même que dans l'affaire italienne, à savoir qu'Iliad cherche à accroitre ses débouchés à l'international alors que la concurrence fait rage en France et que le marché est déjà très mature en termes de prix, les investisseurs s'interrogent visiblement sur la capacité du groupe à mener de front ces deux opérations.