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La valeur du jour à Paris - L'OREAL dans le rouge, Berenberg est vendeur et prévoit un ralentissement de la croissance

AOF - 09 août 2018


(AOF) - L'Oréal (-1,27% à 209,7 euros) signe la plus forte baisse du CAC 40, victime de l'analyste de Berenberg. Le broker allemand a dégradé sa recommandation à l'égard de la valeur de Conserver à Vendre tout en bonifiant son objectif de cours de 181 à 183 euros. La thèse de Berenberg est que L'Oréal est trop cher compte tenu de l'amélioration limitée de sa rentabilité et du risque d'un ralentissement de sa croissance. La valorisation du groupe de cosmétique s'apprécie de près de 15% depuis le début de l'année et évolue proche de son plus haut niveau depuis cinq ans, note l'analyste.

Les investisseurs apprécient particulièrement la croissance organique solide qu'affiche L'Oréal, à 6,5% au premier semestre, supérieure à celle du secteur. Cette expansion est tirée par la division Luxe du groupe qui représente un tiers du chiffre d'affaires mais 70% de la croissance engrangée sur les 18 derniers mois.

Mais, craint Berenberg, L'Oréal pourrait bien avoir mangé son pain blanc en termes de croissance dans le luxe. Le broker s'attend à une normalisation sur le marché asiatique, principal moteur de cette expansion avec notamment le travel retail. L'Asie-Pacifique a représenté 6 points de croissance pour L'Oréal au premier semestre, contre 3 points en 2017 et 1,8 point historiquement.

Le ralentissement attendu dans cette région, notamment à Hong-Kong, en Chine et dans le travel retail, devrait amputer la croissance du groupe français de 250 points de base, estime Berenberg. Cette coupe serait compensée en partie par la montée en puissance de la division Grand public de L'Oréal.

Au final, la croissance organique du groupe pourrait ne ralentir qu'à 5% en 2019. Elle intègrerait une accélération en Europe occidentale, notamment au Royaume-Uni et en France, une relative stabilisation en Amérique du Nord et une croissance à deux chiffres dans les "nouveaux marchés". Dans cette zone, l'accélération attendue de l'Amérique latine ne compenserait pas totalement le ralentissement de l'Asie.

Dans ce contexte, aucune chance que la rentabilité de L'Oréal s'améliore de manière significative, prévient Berenberg. Elle devrait rester sur son rythme de croissance de 20 points de base par an environ. "Une croissance organique de 5% devrait se traduire par une croissance du bénéfice opérationnel de 7%, ce qui révèle un faible levier opérationnel", déplore l'analyste.