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La valeur du jour à Wall Street - FACEBOOK : plus de 120 milliards de dollars de capitalisation disparaissent

AOF - 26 juillet 2018


(AOF) - Facebook a vu s’envoler en fumée en début de séance plus de 120 milliards de dollars de capitalisation. Jamais dans l'histoire boursière américaine, une société n'avait enregistré un tel recul de sa capitalisation exprimée en dollars, selon des données Bloomberg. L’action du plus important réseaux social mondial dévisse de 19,08% à 175,95 dollars, soit la seconde plus forte baisse de l’indice S&P500. La chute du titre du plus important réseaux social mondial est à la mesure de son succès commercial et financier depuis mai 2013.

Il avait alors pour la première fois démontré la validité de son business model après des débuts difficiles en Bourse. Les revenus et ses profits s'étaient alors envolés jusqu'à ce que la confiance dans ce business model soit sévèrement écornée hier soir.

Les investisseurs sanctionnent des revenus du deuxième trimestre qui ont ralenti plus que prévu, et le ralentissement annoncé de la croissance de l'activité au second semestre.

Le directeur financier, David M. Wehner, a aussi indiqué que les coûts devraient augmenter de 50% à 60% sur l'ensemble de 2018. De plus, la progression des coûts sera supérieure à celle des revenus en 2019, un effet de ciseau défavorable à la marge du groupe.

Facebook souffre des répercussions du scandale Cambridge Analytica à propos de l'utilisation des données personnelles de plusieurs dizaines de millions de personnes, sans leur consentement. Facebook est ainsi contraint à augmenter ses dépenses pour protéger la vie privée de ses utilisateurs et la sécurité du réseau.

Le groupe a aussi été pénalisé par la mise en place du Règlement général sur la protection des données en Europe. Cette zone géographique a ainsi enregistré la plus forte décélération de la croissance des revenus au deuxième trimestre.

Pour les analystes, le ralentissement de la croissance des revenus est aussi la conséquence de l'accent mis par Facebook sur les stories, dont le taux de monétisation est inférieur à celui du fil d'actualités. Seulement 150 millions d'utilisateurs, ce qui représente un taux de pénétration de 10%, créent des stories, précise Morgan Stanley.

Au niveau global, le chiffre d'affaires de Facebook a progressé de 42% (+38% à taux de change constants) à 13,23 milliards de dollars au deuxième trimestre, à comparer avec une progression de 49% au premier trimestre. Le consensus Reuters était plus optimiste à 13,36 milliards.

La croissance des utilisateurs a aussi ralenti

Le groupe comptait 2,23 milliards d'utilisateurs mensuels à la fin du second trimestre, en progression de 11%, contre +14% au trimestre précédent. Le nombre d'utilisateurs quotidiens est pour sa part ressorti à 1,45 milliard, également en hausse de 11%, contre +13% au premier trimestre.

Le bénéfice net a en revanche dépassé les attentes en progressant de 31% de 5,1 milliards de dollars, soit 1,74 dollar par action. Le consensus était inférieur à 1,72 dollar par action.

Cette publication a entraîné plusieurs abaissements d'objectif de cours. Les brokers réagissent surtout aux perspectives : JPMorgan de 242 à 205 dollars, Morgan Stanley de 215 à 185 dollars... Ces deux analystes restent cependant favorables au dossier. Alors que Facebook a implicitement communiqué une croissance de 34% au troisième trimestre et de 26% au quatrième trimestre, Morgan Stanley visait auparavant 40% et 39%.