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La valeur du jour à Wall Street - Les investisseurs reprennent leurs esprits après l'annonce du mariage T-MOBILE/SPRINT

AOF - 30 avril 2018


(AOF) - Les télécoms ne sont pas à la fête à Wall Street après l'annonce de la fusion géante entre T-Mobile et Sprint. Les deux groupes ont dévoilé ce week-end un projet de rapprochement par échange d’actions qui doit leur permettre de créer une société valorisée 146 milliards de dollars et réalisant 53 à 57 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Dans le détail, les actionnaires de Sprint recevront 0,10256 action T-Mobile pour chacun de leur titre. En face, les actionnaires de T-Mobile obtiendront 9,75 actions Sprint par action.

D'abord, le premier acteur du marché, Verizon, perd 1,49% à 50,81 dollars. Exclu de la consolidation, il voit surgir devant lui un concurrent renforcé. Si Verizon reste loin devant avec ses 126 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2017, il n'en est pas moins vrai que le futur opérateur ne cache pas ses ambitions d'investir lourdement dans la 5G et pourrait donc accroitre la pression sur les parts de marché de son concurrent.

Ensuite, T-Mobile et Sprint eux-mêmes sont mal orientés à Wall Street. Le premier perd 5,36% et le second plus de 13%. Ce repli s'explique d'abord par le fait que la spéculation autour de ce mariage était forte depuis plusieurs semaines, soutenant les valeurs. Ainsi, Jefferies calcule que le ratio d'échange retenu pour le deal entre les deux opérateurs n'implique qu'une prime de 2% sur les cours de clôture de T-Mobile et Sprint vendredi. Mais, en prenant comme base la veille des premières rumeurs, soit début avril, la prime est de 19%.

Ensuite, si le rapprochement a indéniablement des avantages stratégiques pour les deux opérateurs (taille critique, capacité d'investissement, pricing power sur un marché avec moins d'opérateurs...), les analystes en soulignent aussi les risques d'exécution et réglementaire.

T-Mobile et Sprint ont beau assurer dans leur communiqué qu'il créeront des emplois aux Etats-Unis et investiront dans les réseaux, le Département de la justice ne manquera sans doute pas de leur demander des garanties supplémentaires et d'assurer la concurrence. De plus, ils promettent des synergies de 6 milliards de dollars par an, un montant "monumental" souligne Bernstein mais qui pourrait cacher des coûts d'intégration également sans commune mesure. L'analyste évoque 15 milliards...