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La valeur du jour en Europe - ALTICE EUROPE : la dette et la rentabilité restent les deux points noirs au deuxième trimestre

AOF - 02 août 2018


(AOF) - Altice renoue avec ses vieux démons et se fait sévèrement sanctionner : -13,24% à la Bourse d'Amsterdam. Désireux d'accroire ses parts de marché, principalement en France, l'opérateur télécoms s'est montré très agressif en termes de promotion au deuxième trimestre quitte à sacrifier ses marges. Dans l'Hexagone, Altice a ainsi vu son Ebitda reculer de 7,3% au deuxième trimestre, à 974 millions d'euros. Il dépasse cependant le consensus de plus de 2%, profitant de la force de rappel du plan de réduction des coûts. Sa marge d'Ebitda a reculé de son côté de 39% à 38,7%.

Le chiffre d'affaires d'Altice en France a chuté de 6,6% au deuxième trimestre. Non seulement, la tendance s'est dégradée par rapport au premier trimestre (-1,1%) mais en plus elle aboutit à un chiffre d'affaires de 2,50 milliards d'euros, inférieur de 1,4% au consensus.

Et malgré les baisses de prix consenties par Altice, les recrutements ressortent en baisse par rapport au premier trimestre. Dans le fixe, Altice France a recruté 13 000 nouveaux abonnés et, dans le mobile, 211 000. Au premier trimestre, 70 000 abonnés avaient rejoint ses forfaits dans le fixe et 239 000 dans le mobile. Barclays prévoyait +50 000 et +100 000.

Au niveau global, Altice Europe a fait état d'une baisse de 10,3% de son Ebitda au deuxième trimestre, à 1,315 milliard d'euros. Sa marge d'Ebitda est ainsi passée de 40,1% à 37,8%. L'Ebitda du groupe est cependant supérieur de 0,9% au consensus. Le chiffre d'affaires total de l'opérateur télécoms au deuxième trimestre a atteint 3,478 milliards d'euros, en repli de 5% et 0,5% sous le consensus.

Outre ces performances opérationnelles dégradées, les investisseurs se montrent une nouvelle fois préoccupés par l'évolution du bilan d'Altice Europe. Le groupe a donné un mauvais signal en prévenant que son cash flow opérationnel sortira en fin d'année dans le bas de sa fourchette pour la France, de 1,5 à 1,6 milliard d'euros. Au niveau global, le groupe maintient sa cible d'un cash flow opérationnel compris entre 2,3 et 2,5 milliards.

La question de sa dette, de plus de 31 milliards d'euros, fait ainsi son grand retour. Si la génération de cash flow est moins solide qu'annoncé, en raison principalement de résultats médiocres, les remboursements pourraient être plus difficiles à honorer. 

Autre mauvais point pour Altice, identifié par Morgan Stanley, "la dette du groupe a augmenté de 400 millions d'euros en séquentiel", c'est-à-dire d'un trimestre à l'autre.