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L'AMF veut améliorer les "macro stress tests"

AOF - 13 juin 2018


(AOF) - L'Autorité des marchés financiers (AMF) souligne dans un rapport les limites des "macro stress tests" (tests de résistance aux chocs) que réalisent régulièrement des entreprises, notamment des banques, ou les banques centrales. Il recommandent notamment la prudence à l'égard des tests dits "top-down". Ils prennent en compte les interactions entre acteurs ainsi que les dynamiques de marché (fire sales, contagion) susceptibles d’induire leur dysfonctionnement

"Les macro stress tests au-delà de la sphère bancaire restent encore largement à développer pour contribuer effectivement à la prise de décision macroprudentielle, indépendamment de l'ampleur des chocs testés (sur laquelle ce document ne se prononce pas et qui justifierait une étude en tant que telle)", observe l'AMF.

Le régulateur français constate que les stress tests sont conditionnés par la disponibilité, l'accessibilité et divers facteurs (référentiels, classifications) relatifs aux données. D'autre part, ils sont limités par la capacité à modéliser les interactions et dynamiques, par exemple pour estimer les risques d'illiquidité des marchés. 

De plus, les exercices top-down actuels souffrent, souvent, d'une imperfection du "bouclage" macro-économique (couverture incomplète des intervenants contribuant aux équilibres de marché, focus trop exclusif sur certains types d'agents) ou d'insuffisances des modalités temporelles (durée effective de l'impact des chocs et de stabilisation du système), estime l'AMF. Elle juge que l'intégration des outils d'analyse pertinents (modèles d'équilibre général, multi- agents, de réseaux, analyse comportementale, etc.) reste également perfectible.

Sur cette base, l'AMF fait des propositions pour améliorer les stress tests dans leur ensemble. Elle appelle notamment à une clarification de la terminologie autour de ces opérations. De plus, l'AMF souhaite préciser la gouvernance des macro stress tests pour renforcer les mandats et pouvoirs des autorités concernées. Elle évoque aussi la nécessité d'accroître la capacité d'usage des données, et les compléter si besoin.