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Les opérateurs télécoms accueillent favorablement la main tendue de l'Arcep sur la consolidation

AOF - 22 mai 2018


(AOF) - Les telcos français ont enregistré une de ces flambées soudaines dont ils ont le secret. Iliad a bondi de 7,28% à 141,55 euros, Bouygues a gagné 4,54% à 41,90 euros et Orange s'est apprécié de 4,06% à 14,875 euros. Si ces valeurs sont coutumières de ce type de sursaut, parfois sur la base de simples rumeurs relançant les spéculations sur une consolidation du secteur, le fait est que leur bond est cette fois alimenté par des déclarations tangibles.

Dans une interview au Monde, Sébastien Soriano, président de l'Arcep (autorité de régulation du secteur des télécoms), a clairement indiqué qu'il pourrait voir d'un œil plus favorable des discussions sur une éventuelle consolidation.

"Sur la consolidation, l'Arcep a refermé cette porte en avril 2016, car les discussions détournaient les opérateurs de leurs missions d'investissement. Pendant deux ans, je leur ai donc envoyé des signaux négatifs. Là, je vois qu'ils se sont mobilisés. Les circonstances ont évolué et la porte de l'Arcep se rouvre ou du moins s'entrouvre. Encore faudrait-il qu'ils aient un projet créateur de valeur pour le pays, et pas simplement pour les actionnaires", a-t-il déclaré.

Début 2016, Orange et Bouygues avaient entamé des discussions en vue d'une éventuel rapprochement mais elles avaient finalement achoppé au printemps. Depuis, des rumeurs reviennent régulièrement. La dernière en date, issue de Bloomberg le 16 avril, prêtait à Bouygues des vues sur SFR.

Reste à savoir comment Bruxelles accueillerait un projet de consolidation en France

Dans un communiqué, Bouygues avait alors démenti avoir donné le moindre mandat à quelque conseil que ce soit et assuré qu'il n'y avait aucune discussion avec un autre opérateur. Pour sa part, Altice avait assuré que SFR, son enseigne française, "fait partie du projet industriel et de long terme".

Une consolidation du secteur des télécoms français ferait passer le nombre d'opérateurs de quatre à trois. Une telle opération permettrait de lever une difficulté à laquelle s'exposent les acteurs français du secteur : sur un marché mature, les leviers de croissance sont limités et, pour gagner des parts de marché, les opérateurs sont forcés de se lancer dans une coûteuse guerre des prix. De ce fait, une certaine "nervosité" règne qui pèse alternativement sur l'un ou l'autre des opérateurs, en fonction de leur agressivité commerciale. L'exemple le plus récent concerne Iliad qui, au premier trimestre, a perdu des abonnés dans le fixe au profit de Bouygues et de SFR.

Reste que, si le régulateur français "entrouvre" sa porte vers une consolidation, la situation pourrait être différente au niveau européen. Dans l'optique des déploiements de la 5G notamment, qui vont demander de lourds investissements, Bruxelles ne semble pas prête à changer sa position en vigueur depuis de nombreuses années maintenant, peu favorable à la consolidation.