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Les valeurs du jour à Paris - Le secteur bancaire dopé par des règles prudentielles moins défavorables que prévu

AOF - 08 décembre 2017


(AOF) - Tir groupé pour les principales banques françaises, qui occupent les trois premières places de l’indice CAC 40 à la faveur de nouvelles règles prudentielles Bâle III moins contraignantes que prévu. Société Générale gagne 4,47% à 44,875 euros, suivi par Crédit Agricole (+3,68% à 14,645 euros) et BNP Paribas (+3,44% à 65,31 euros). Le Comité de Bâle est arrivé hier soir à un accord sur la finalisation de la reforme Bâle 3, communément appelée Bâle 4, dont l’impact sur les ratios de fonds propres sera plus faible que prévu.

" L'approbation des réformes de Bâle III constitue une étape majeure qui assurera une plus grande solidité du dispositif de fonds propres et améliorera la confiance dans les systèmes bancaires ", a expliqué Mario Draghi, le Président du groupe des gouverneurs de banque centrale et des responsables du contrôle bancaire et de la BCE.

Comme prévu, les autorités se sont notamment accordées sur la création d'un " output floor " ou plancher en capital fixé à 72,5% concernant les modèles internes de calcul des actifs pondérés des risques (RWA) utilisés par les banques. Ceux-ci étant un élément fondamental du calcul du ratio des fonds propres durs (CET1), dont ils occupent le dénominateur.

Cette mesure signifie concrètement que le résultat du modèle interne - les banques pondérant elles-mêmes leurs risques - ne pourra pas être inférieur à 72,5% de celui qui aurait été obtenu par la méthode standard. Dans ce dernier cas de figure, toutes les banques utilisent la même formule. Ces deux logiques opposaient les Européens, adeptes de la première et les Américains. L'objectif est notamment de rendre ces RWA plus comparables d'un établissement à l'autre.

Il s'appliquera au niveau des groupes et non des filiales et des divisions. Selon Oddo BHF, il s'agit d'une bonne nouvelle pour Crédit Agricole SA et Natixis.

Les régulateurs ont de plus donné du temps aux banques pour s'adapter à cette nouvelle donne, qui sera appliquée progressivement, avec une première étape à 50% en 2022 pour une mise en œuvre complète en 2027.

Leur impact moyen sur les ratios de fonds propres durs est moindre que prévu. Selon les estimations de l'Autorité bancaire européenne, l'impact négatif sur les seules banques systémiques sera compris entre 60 et 80 points de base, indique Oddo BHF, alors que le marché les anticipait à 200 points.

" Même s'il s'agit d'un nouveau jeu de contraintes, ce point final libère le secteur bancaire de l'incertitude règlementaire ", souligne CM-CIC.

Pour Natixis, ces règles vont entraîner une diminution significative du risque de réduction de la politique de dividende et un rebond généralisé du secteur bancaire.