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MICHELIN : lanterne rouge du CAC, les matières premières pèseront plus que prévu au premier semestre

AOF - 12 juin 2018

(AOF) - Michelin (-2,86% à 112,15 euros) a occupé la dernière place du CAC 40, dans le sillage d’une présentation réalisée devant des analystes. Ainsi, le fabricant de pneumatiques a revu à la hausse l'impact négatif des matières premières attendu sur ses résultats du premier semestre 2018. Une nouvelle qui a refroidi les opérateurs, d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte déjà difficile pour le secteur automobile, suite aux velléités protectionnistes des Etats-Unis.

Désormais, Michelin anticipe un impact négatif des matières premières (notamment le caoutchouc) d'environ 50 millions d'euros pour son premier semestre 2018, alors qu'il prévoyait jusque-là un impact neutre. Pour l'ensemble de l'exercice, le groupe de Clermont-Ferrand anticipe également 50 millions d'euros d'impact négatif lié aux matières premières, ce qui se trouve en haut de la fourchette communiquée en avril dernier (entre 0 et 50 millions d'euros).

En parallèle, Michelin a revu à la baisse l'effet négatif des changes de 350 à 300 millions d'euros sur l'ensemble de l'exercice. Les investisseurs se sont visiblement focalisés sur la moitié vide du verre, d'autant plus que le contexte s'avère difficile pour l'ensemble du secteur automobile.

En effet, suite à l'échec retentissant du G7 le week-end dernier, Donald Trump a renouvelé ses menaces d'augmenter les droits de douane sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis. Des déclarations qui pèsent toujours aujourd'hui sur le secteur, à l'image de PSA (-0,88%), Valeo (-1%) ou encore Faurecia (-1,75%).

Une situation qui pourrait d'ailleurs se prolonger à l'avenir. "Pour le moment, il semble qu'aucune solution ne soit en vue, du moins pas à court terme", a déclaré hier Peter Altmaier, concernant les tensions commerciales avec les Etats-Unis. Les propos du ministre allemand de l'Economie étaient tenus sur la radio publique Deutschlandfunk et rapportés par Reuters. "Nous n'avons pas fait de progrès ces derniers jours, (...) mais plutôt une régression", avait-il conclu. Ce qui n'incite guère à l'optimisme…