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RENAULT domine la Bourse de Paris, Morgan Stanley joue la revalorisation

AOF - 10 août 2018


(AOF) - Renault (+0,96% à 73,59 euros) se distingue favorablement à la Bourse de Paris grâce au relèvement de la recommandation d'un analyste. En l'occurrence, c'est Morgan Stanley qui est passé à Surpondérer sur la valeur tout en maintenant son objectif de cours de 88 euros. A ce niveau, le broker attribue un potentiel de revalorisation de près de 21% au titre du constructeur automobile français. Car pour Morgan Stanley, il est clair que Renault est injustement sous-valorisé, son multiple price/earning pointant à son plus bas niveau depuis quatre ans.

La valorisation de son coeur de métier, ajusté de RCI Banque et du cash industriel, est même négative, observe l'analyste. "Les investisseurs ont clairement commencé à intégrer une baisse des résultats "coeur" de Renault, contrairement à ceux de ses pairs", explique Morgan Stanley.

Sur cette base, la moindre nouvelle favorable devrait suffire à conduire une revalorisation du titre. L'analyste identifie surtout la situation dans les marchés émergents comme le point le plus à même de faire bouger les investisseurs. En effet, Renault mise beaucoup sur son développement dans ces pays dans le cadre de son plan stratégique "Drive the Future 2022". L'internationalisation du groupe français en est la colonne vertébrale puisque la contribution des marchés non-européens à ses ventes doit passer de moins de 50% aujourd'hui à plus de 60% à l'issue du programme.

Pour Renault, la valeur se situe dans les émergents

Plus particulièrement, Renault met le cap sur les pays émergents avec quatre zones prioritaires : la Chine, le Brésil, l'Iran et l'Inde. Dans le détail, le constructeur automobile français voudrait faire passer ses ventes annuelles de 35 000 à 550 000 unités en Chine, de 109 000 à plus de 250 000 en Iran et de 132 000 à plus de 250 000 également en Inde. Concernant l'Iran, ces objectifs avaient été fixés avant le retour des sanctions américaines.

"Compte tenu des craintes qui entourent les émergents, la situation en Turquie et les sanctions contre la Russie, les positions clés de Renault dans ces régions sont moins attractives aujourd'hui pour les investisseurs de court terme. C'est bien là que se trouve l'opportunité de créer de la valeur", analyse Morgan Stanley. Ce dernier ne voit, par ailleurs, pas de menace significative liée à l'éventuel retour de droits de douane sur les importations américaines de voitures européennes.

Quant au serpent de mer de l'approfondissement de l'Alliance entre Renault et Nissan, Morgan Stanley que les investisseurs ne l'intègrent plus du tout dans leur analyse de la valeur. En clair, si des évolutions favorables devaient survenir dans ce dossier, le cours de Renault en bénéficierait à plein.