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SPIE : Jefferies n'adhère pas au modèle de fusion-acquisition et affiche sa prudence sur les marges

AOF - 02 mai 2018


(AOF) - Spie (-2,56% à 18,25 euros) siège à la dernière place du SBF 120, lesté par l'opinion défavorable de Jefferies à son égard. Le bureau d'études a initié ce matin sa couverture de la valeur avec une opinion Sousperformance et un objectif de cours de 14,30 euros. "Nous pensons que la valorisation actuelle ne reflète pas correctement les menaces qui pèsent sur la marge du groupe, son haut niveau d'endettement et les résultats mitigés en termes de création de valeur de ses récentes acquisitions", résume Jefferies.

L'analyste estime donc que la rentabilité sous-jacente de Spie a reculé de 100 points de base en 2017. Cette baisse n'a été que partiellement nuancée, à hauteur de 40 points de base, par les sociétés acquises. "Spie a utilisé les fusions-acquisitions pour compenser en partie la détérioration de sa rentabilité "core" en 2017", tranche l'intermédiaire.

Ce dernier suggère que la faiblesse structurelle de Spie le rendrait d'autant plus sensible à une éventuelle baisse des prix sur ses marchés. En clair, si le groupe français devait s'aligner en cas de guerre des prix, sa rentabilité souffrirait encore, notamment en France. L'Hexagone représente 40% de l'Ebit de Spie.

"A notre avis, la prévision de marge de la société est trop optimiste et nous sommes 3 et 5% sous le consensus en ce qui concerne son bénéfice par action pour 2018 et 2019", indique Jefferies. Vendredi dernier, à l'occasion de la sortie de son chiffre d'affaires du premier trimestre, Spie a maintenu ses objectifs annuels d'une amélioration de sa croissance organique, à plus de 7%, et d'une marge d'Ebita à 6% ou plus. En 2017, cette dernière a atteint 5,9%.

S'il reconnait leur impact favorable en termes de rentabilité, Jefferies estime que les dernières acquisitions annoncées par Spie (Ziut et Systemat) n'ont guère d'intérêt pour le groupe. Elles "ouvrent une voie opaque vers la création de valeur et vont maintenir la pression sur le retour sur investissement", estime l'analyste. De surcroit, elles entrainent une hausse de l'endettement de Spie et se traduisent par de nouveaux coûts exceptionnels d'intégration et de restructuration.