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TELECOM ITALIA : Elliott prend le contrôle du Conseil au détriment de VIVENDI

AOF - 04 mai 2018

(AOF) - Vivendi a joué, Vivendi a perdu. Pourtant, Vivendi a gagné 1%. En début d'après-midi, les résultats de l'assemblée générale de Telecom Italia (TIM) ont été rendus publics et ils sont sévères pour le groupe de Vincent Bolloré. Ce dernier n'est parvenu à faire élire que la moitié de ses candidats (5 sur 10) au Conseil d'administration de TIM qui compte de surcroit 15 sièges. Le solde, soit 10 places, est tombé dans l'escarcelle d'Elliott, le fonds activiste entré au capital de Telecom Italia en début d'année, actionnaire à 9%.

Vivendi, du haut de sa participation de 24,9%, perd donc le contrôle du Conseil de Telecom Italia au profit du fonds dont il ne cesse de dénoncer le "court-termisme". Ce dernier a reçu ces dernières semaines le soutien de la CDP, l'équivalent de la Caisse des dépôts en Italie, et de l'activiste SVM. Ces deux entités sont devenues actionnaires de TIM le mois dernier, à hauteur de 4,26% et plus d'1% respectivement.

Toutefois, la réaction du titre Vivendi, comme celle de Telecom Italia (+2,17%), montre que l'affaire pourrait malgré tout être favorable aux deux sociétés, et plus particulièrement au groupe français. D'abord, Elliott a assuré dans un communiqué suivant sa victoire qu'il "soutient pleinement le directeur général Amos Genish et est pleinement aligné sur son plan stratégique". Amos Genish a été placé à la tête de TIM par Vivendi qui soutient aussi son action. Par sa déclaration, Elliott laisse entendre qu'il ne profitera pas de son emprise sur le Conseil d'administration pour provoquer un départ de l'équipe dirigeante de Telecom Italia. La garantie d'une stabilité de la gouvernance est traditionnellement rassurante pour les marchés financiers.

Des mesures prônées par Elliott pourraient créer de la valeur pour les actionnaires


De plus, Vivendi a toujours dit que le plan d'Amos Genish était le seul à même d'aboutir à une amélioration des résultats de TIM. Il devrait donc se réjouir qu'Elliott partage cette ligne car, s'il a raison, la valorisation de Telecom Italia devrait augmenter.

Ensuite, les analystes étaient assez partagés ces dernières semaines sur l'issue de la confrontation Vivendi/Elliott mais plusieurs soulignaient qu'une amélioration de la gouvernance de TIM serait de toute façon une bonne chose. Ils se montraient ainsi réceptifs aux attaques d'Elliott qui a régulièrement mis en cause le groupe français depuis trois mois sur ce thème. Il a notamment déploré que les droits des actionnaires minoritaires soient bafoués et que le Conseil d'administration ne soit pas indépendant mais au service de Vivendi.

Dernier élément, certaines mesures prônées par Elliott pourraient aller dans le sens d'une création de valeur pour les actionnaires, et donc pour le premier d'entre eux Vivendi. Ainsi, le fonds a de nouveau affirmé aujourd'hui qu'il proposerait au Conseil de TIM de "réévaluer le dividende et d'explorer des initiatives concernant la séparation légale de Netco (actifs de Telecom Italia dans le réseau télécoms, NDLR)".