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Trading à haute fréquence

Euronext fait appel de la décision de l’AMF

11 décembre 2015 - optionfinance.fr

La question du trading à haute fréquence mobilise les régulateurs. Aux Etats-Unis, la SEC a poursuivi plusieurs opérateurs boursiers, comme Bats ou le Nasdaq, qui avaient offert un accès privilégié à certains traders à haute fréquence. C’est maintenant au tour de l’AMF de sévir sur ce sujet. La commission des sanctions de l’AMF vient en effet de prononcer une amende de 5 millions d’euros à l’encontre d’Euronext au motif de non-respect de l’obligation d’exercer des activités avec neutralité et impartialité, dans le respect de l’intégrité du marché. Il est en effet reproché à l’opérateur boursier d’avoir accordé une exemption du ratio ordres/transactions entre mars 2009 et juin 2010 à la société de trading à haute fréquence Madison Tyler Europe, devenue depuis Virtu Financial Europe. Cette dernière, filiale d’un opérateur américain, est elle aussi sanctionnée par l’AMF d’une amende de 5 millions d’euros puisque cette exemption lui aurait permis de mettre en place des stratégies d’arbitrage sur différentes plateformes de négociation susceptibles d’engendrer des manipulations de cours.

Si d’autres acteurs ont déjà été sanctionnés par l’AMF sur des faits liés au trading à haute fréquence, il s’agit d’une première pour Euronext qui a rapidement réagi à cette décision en indiquant son intention de faire appel. «A l’époque, nous étions en cours de migration de nos systèmes d’information pour améliorer la vitesse d’exécution des ordres et nous avions alors accordé, dans le cadre d’un programme expérimental, des exemptions à plusieurs acteurs, dont Virtu, qui pouvaient passer 100 ordres pour une transaction effective sans pénalités financières, explique Anthony Attia, P-DG d’Euronext Paris. Le jugement de l’AMF est totalement disproportionné et surtout anachronique. L’autorité sanctionne en effet des faits datant de 2009, une période où on découvrait le trading à haute fréquence, avec sa vision de 2015, et alors que cette activité n’est toujours pas réglementée.» Euronext espère bien que le Conseil d’Etat cassera cette décision dans le cadre de son appel, mais la procédure devrait prendre au moins douze à dix-huit mois avant d’aboutir.