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Etude

Le private equity français est en pointe sur les questions ESG

13 décembre 2016 - funds.fr

Pour la deuxième fois, après une première étude d’ampleur en 2013, PwC analyse la prise en compte du sujet ESG dans le private equity au travers de son étude «Global PE Responsible Investment Survey». Au-delà du nombre de participants (111, soit près de 10 % de plus qu’en 2013), c’est surtout la répartition géographique et la taille des investissements qui méritent un intérêt. En effet, 22 pays couvrant aussi bien l’Europe, l’Amérique que l’Afrique et l’Asie (incluant la Chine) sont représentés dans cette étude. Les fonds small caps comptent pour 32 % des répondants, les midcaps pour 57 % et les large caps pour 12 %. Cette ventilation confirme que la prise en compte du sujet ESG n’est pas qu’une question de grandes sociétés de gestion mais touche l’ensemble des acteurs du secteur.
La France se positionne comme le premier pays représenté à l’échelle mondiale parmi les 111 interrogés par PwC dans le cadre de son enquête. «Le private equity français est extrêmement dynamique sur les questions ESG. Poussées d’abord par les grands investisseurs institutionnels et par une réglementation historiquement avancée en Europe, les sociétés de gestion ont, plus rapidement qu’ailleurs, compris l’intérêt de ces démarches dans la sécurisation, puis la performance des sociétés dans lesquelles ils investissent. Aujourd’hui, en France, ne pas avoir d’analyse ESG sur une participation, c’est prendre des risques en vue de la future cession», explique Emilie Bobin, directeur au sein du département développement durable de PwC.
Alors que la même étude réalisée en 2013 révélait que la réglementation et la pression des investisseurs (LPs) étaient les premières motivations des sociétés de gestion pour intégrer les questions ESG, cette nouvelle étude traduit un vrai changement de dimension montrant clairement que, désormais, le sujet est perçu comme un facteur essentiel de business contribuant à l’amélioration de la gestion des risques et à la performance opérationnelle des participations.
Cette évolution se confirme en observant l’évolution de l’intégration de l’ESG dans les processus «classiques» d’investissement. Les sociétés de private equity ont ancré la gestion ESG au cœur de leurs politiques d’investissement et 60 % d’entre elles affirment aujourd’hui réaliser une revue systématique des risques ESG associés aux entreprises. 77 % soulignent le caractère obligatoire de l’analyse de ces enjeux lors de l’acquisition. Enfin, elles sont 58 % à intégrer les enjeux ESG au cœur du plan de transformation immédiat (100-180 jours) de l’entreprise nouvellement acquise.
Par ailleurs, si les sociétés de private equity ont conscience de l’émergence de nouveaux risques pouvant impacter leurs participations, la façon de s’en prémunir reste un défi pour elles. La cybersécurité préoccupe ainsi 85 % des investisseurs interrogés ; cependant, à ce jour, ils ne sont que 27 % à avoir pris des mesures dans ce domaine. Les droits de l’homme sont source de préoccupation pour 79 % des investisseurs et la moitié (48 %) d’entre eux ont pris des mesures pour y remédier. Enfin, le changement climatique constitue un enjeu pour 79 % des répondants et 32 % d’entre eux ont initié des plans d’action sur le sujet au niveau de leur portefeuille.