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Le retail va dominer l’industrie française de la gestion d’actifs

29 mars 2018 - optionfinance.fr

L’année 2017 a été marquée par des vents favorables pour l’industrie de la gestion d’actifs européenne. «Un certain nombre de risques ont disparu des marchés l’an passé, ce qui a rendu les asset managers plus optimistes», a indiqué Pascal Koenig, associé chez Deloitte lors d’une conférence de presse. Cette tendance positive s’est d’ailleurs retrouvée dans la collecte qui a atteint un niveau record l’an passé. Les fonds ont enregistré des flux nets de capitaux de 937 milliards d’euros, dépassant ainsi leur précédent record de 2015 à 725 milliards d’euros. Ces bons résultats ont même permis à la gestion collective européenne de dépasser 15 600 milliards d’euros d’encours.

Avec quant à elle près de 2 000 milliards d’euros d’encours dont 48,5 milliards d’euros de souscriptions nettes dans les fonds l’an passé, la France a aussi bénéficié de cette tendance. Mais, contrairement aux autres pays européens, la progression de l’industrie française résulte surtout d’un effet marché (+ 63 %) et moins de l’effet collecte (+ 37 %). Ces chiffres doivent toutefois être nuancés compte tenu du poids de la gestion sous mandat en France (autour de 2 000 milliards d’euros également). Pour autant, le marché français continue d’être fortement concurrencé par les places luxembourgeoise et irlandaise, notamment dans le cadre du Brexit grâce à leur interprétation locale de la délégation de gestion.

Pour 2018, la gestion d’actifs française doit faire face à de nouveaux enjeux tels que la poursuite du phénomène de «retailisation», soit de l’essor de la clientèle retail. «Dans cinq ans, il s’agit du segment qui peut afficher le plus fort taux de croissance, remarque Pascal Koenig. En France, ce phénomène se matérialise déjà par une collecte en assurance-vie qui se tourne de plus en plus vers les produits en unités de compte. A ce rythme, ces derniers devraient atteindre 100 à 150 milliards d’euros à investir dans des organismes de placements collectifs, voire même dans un scénario très optimiste 250 milliards d’euros d’ici à 2020.» Dans ces conditions, les sociétés de gestion doivent poursuivre leurs efforts pour séduire la clientèle des particuliers, notamment dans la dénomination de leur gamme et continuer à adapter leurs modes de distribution.