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Fusion

Les actionnaires institutionnels montent au créneau chez Stallergenes

optionfinance.fr - 24 avril 2015

Les actionnaires minoritaires du laboratoire biopharmaceutique Stallergenes se mobilisent contre le projet de fusion annoncé avec l’américain Greer Laboratories. Amiral Gestion et le gestionnaire allemand Shareholder Value Management ont notamment mandaté Colette Neuville, de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), pour représenter leur intérêt dans ce dossier. Le principal actionnaire de Stallergenes depuis 2010, la société d’investissement de la famille italo-suisse Bertarelli, Ares Life Sciences (détenteur de 77 % du capital), souhaite en effet fusionner sa filiale américaine Greer, qu’il a rachetée en 2013, avec Stallergenes.

Dans ce cadre, il a proposé aux actionnaires minoritaires de cette dernière de récupérer une action de la nouvelle entité créée – Ares Allergy Holding PLC – pour une action existante de Stallergenes dans le cadre d’une fusion transfrontalière, sur la base d’une pondération respective de 60 % pour Stallergenes et de 40 % pour Greer dans le nouvel ensemble. «Nous n’avons eu aucune information chiffrée sur Greer et Ares Life Sciences n’a même pas communiqué sur la valorisation de cette société lorsqu’il l’a reprise, déplore Louis d’Arvieu, gérant chez Amiral Gestion qui détient 0,5 % du capital de Stallergenes. Nous ne pouvons donc pas juger de la pertinence financière de ce projet, d’autant plus que nous avons des doutes sur son sens stratégique puisqu’il y a à peine deux ans Ares Life Sciences soutenait que l’acquisition de Greer n’avait pas d’intérêt pour Stallergenes.»

Les actionnaires minoritaires reprochent également de ne pas avoir fait suspendre le cours de Stallergenes, car à la suite de cette annonce le titre a perdu 15 % en quelques jours et se traite actuellement à moins de 54 euros. «C’est une situation inédite puisque, lors d’une annonce de parité de fusion, le cours est habituellement suspendu jusqu’à ce que soient données des informations chiffrées précises», ajoute Louis d’Arvieu.

Le gérant espère bien qu’il pourra, grâce à l’Adam, obtenir rapidement des informations sur Greer pour tous les actionnaires minoritaires, si possible avant la publication du rapport de l’expert indépendant mandaté par ailleurs par le conseil d’administration de Stallergenes, et surtout trouver une solution de sortie si besoin. «Actionnaires depuis 2010 de Stallergenes, nous croyons encore à son potentiel sur le long terme, mais si la fusion s’effectue, nous allons détenir des actions d’une société de droit anglais où les seuils de retrait de cote sont moins protecteurs pour les minoritaires», regrette Louis d’Arvieu.