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Les gérants impliqués dans la restructuration de la dette de CGG saisissent le tribunal de commerce

22 septembre 2017 - optionfinance.fr

Nouvel épisode dans la restructuration de la dette de CGG : les sociétés de gestion porteuses d’Oceane 2019 et 2020 ont annoncé avoir déposé le 4 août dernier un recours devant le tribunal de commerce de Paris. Pour rappel, la société française CGG spécialisée dans l’extraction rencontre de très sérieuses difficultés liées notamment à la baisse du prix du pétrole. Pour assurer sa survie, elle a arraché un accord avec ses créanciers, qui lui permet de lancer une procédure de sauvegarde en France et deux autres aux Etats-Unis, dont une sous le «Chapter 11». Ce plan a été adopté par les créanciers bancaires, mais est rejeté par les porteurs d’Oceane, à savoir les sociétés de gestion Schelcher Prince Gestion, HMG Finance, La Financière de l’Europe, Keren Finance et Delta AM, qui détiennent 23 % des souches 2019 et 2020 sur un total de 400 millions d’euros. Ils se sont regroupés en Comité ad hoc et affirment que le plan de sauvegarde désavantage les porteurs d’Oceane par rapport aux détenteurs d’obligations high yield. «La restructuration de la dette du groupe CGG prévoit sa transformation en actions dans le cadre d’une augmentation de capital, les détenteurs d’une obligation high yield pourront alors acquérir des actions au prix unitaire de 3,50 euros et les détenteurs d’Oceane à 11,50 euros, précise David Malamed, avocat au cabinet SBKG & Associés. Cependant, un tel écart de prix n’est pas justifié tant du point de vue des contrats que de la valorisation économique des titres.» Les gérants considèrent par ailleurs que le plan de sauvegarde n’est pas adapté à la situation de l’entreprise. «Il intègre un apport de 500 millions de dollars, dont 375 millions à travers l’émission de nouvelles obligations high yield, et seulement 72 millions de dollars d’augmentation de capital stricto sensu, détaille Carole Imbert, responsable de la recherche chez Schelcher Prince Gestion et porte-parole du comité des porteurs d’Oceane opposés au plan, alors que la consommation de cash a été de 400 millions de dollars en 2016 et sera de l’ordre de 300 millions en 2017.» Pour autant, les gérants croient en la survie de CGG. «Des actifs pourraient être cédés, des partenariats conclus. Le groupe dispose encore d’un potentiel, malgré un contexte de marché difficile», relève Carole Imbert. Plusieurs étapes attendent maintenant ce comité. Une assemblée générale extraordinaire doit encore approuver fin octobre le plan de sauvegarde. Le tribunal de commerce examinera quant à lui le 6 novembre la requête du Comité ad hoc. Des décisions qui serviront de test pour la place de Paris. «L’Europe examine une directive qui pourrait conduire à l’adoption d’un texte proche du chapitre 11 américain et modifierait ainsi le droit français. Les affaires de ce type pourraient ainsi devenir nombreuses et cela d’autant plus que le marché de la dette devient plus mature en France et en Europe, affirme David Malamed. Le dossier CGG est important à ce titre car il peut faire progresser les gérants et leur apprendre comment agir face à un tel cas». Les gérants impliqués dans la restructuration de la dette de CGG saisissent le tribunal de commerce.