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Les stratégies ESG devraient doper la demande d’ETF

22 juin 2018 - optionfinance.fr

Les ETF continuent de séduire la gestion institutionnelle européenne. Selon une enquête de Greenwich Associates pour Blackrock/iShares auprès de 125 investisseurs européens, 10,3 % des actifs gérés ont été alloués à des ETF en 2017, contre 7,7 % l’année précédente. La France, reste à la traîne, avec 3 % des actifs investis seulement. Le marché institutionnel français est en effet dominé par les acteurs de l’assurance qui sont contraints par leur réglementation dans leurs investissements en ETF. «L’appétit des investisseurs français a connu une progression importante en 2017 et depuis début 2018», assure toutefois Arnaud Gihan, responsable d’iShares pour la France. Le marché français, difficile à mesurer, pèserait ainsi 60 à 80 milliards de dollars sur 800 milliards dans le monde. «Outre leur dynamisme en tant qu’outil pour l’allocation tactique, les ETF sont de plus en plus utilisés pour le cœur du portefeuille, en substitution des produits dérivés», poursuit Arnaud Gihan. Le renchérissement de ces derniers, sous l’effet du durcissement réglementaire, ainsi que la baisse des frais de gestion des ETF expliquent, selon iShares, ce renforcement de la compétitivité des fonds indiciels cotés par rapport aux produits dérivés.

En Europe, les fonds d’investissement multi-actifs tirent la demande. Celle-ci devrait également progresser grâce à une plus grande granularité de l’offre de fonds rendue possible par les progrès technologiques et la finesse des données collectées : les ETF thématiques, à l’instar de ceux sur la robotique, ainsi que les approches factorielles attirent plus particulièrement les investisseurs. 31 % d’entre eux utilisent ainsi des ETF de type «smart bêta», contre 26 % en 2016, privilégiant le facteur de volatilité minimale. De même, «depuis 2017, les ETF de type “momentum” enregistrent des performances très importantes et un retournement de tendance n’est pas anticipé», complète Arnaud Gihan. Mais le vrai relais de croissance est attendu sur le segment ESG : «Aujourd’hui, il est rare que nos échanges avec les investisseurs français n’abordent pas le sujet, assure le responsable d’iShares. Mais chaque acteur a sa propre définition des critères ESG, sa propre liste d’exclusion et ses projets objectifs extra-financiers. L’enjeu est de parvenir à trouver le bon dénominateur commun pour constituer des fonds qui atteignent la taille critique. C’est le nerf de la guerre pour garantir la liquidité nécessaire et assurer des frais de gestion compétitifs.» Pour l’instant, le segment reste confidentiel : iShares compte 10 ETF de type ESG sur une offre de 300 fonds. Selon Greenwich, ce sont seulement 26 % des investisseurs qui y ont eu recours en 2017. A contrario, les ETF obligataires, moteur de la croissance du marché pendant deux ans, devraient voir leur croissance ralentir, dans un contexte moins porteur pour la dette. 45 % des investisseurs interrogés par Greenwich y ont tout de même eu recours en 2017, 7 points de plus qu’en 2016.