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Elections américaines

QuantCube, la fintech qui avait prévu la victoire de Donald Trump

10 novembre 2016 - optionfinance.fr

QuantCube a eu raison de se montrer contrariante. Alors que tous les résultats des instituts de sondages donnaient Hillary Clinton gagnante, seule cette fintech, spécialisée dans l’analyse quantitative des marchés à partir des outils de big data, avait prévu que Donald Trump pourrait bien l’emporter. Dès le 3 novembre dernier, elle avait évalué que ce dernier pourrait gagner avec une probabilité de 50,4 %. «Nos outils quantitatifs nous ont permis d’analyser des centaines de millions de messages diffusés sur Twitter depuis les primaires américaines, explique Alexandre Damour, chief technology officer de QuantCube. Ces messages postés ont permis de classer plusieurs millions d’utilisateurs américains de ce réseau social pour déterminer leur propension à voter pour Hillary Clinton ou pour Donald Trump. Ce travail d’analyse nous a permis de répertorier même les indécis et d’avoir un échantillon bien plus vaste que celui utilisé par les instituts de sondage.»

La fintech n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle avait déjà réussi à anticiper un vote favorable au Brexit en juin dernier. «Quelques jours avant le référendum au Royaume-Uni, nos algorithmes montraient un vote en faveur d’une sortie de l’Union européenne à 51,2 %, précise Thanh-Long Huynh, CEO de QuantCube. Nous en avons donc informé nos clients à travers une note pour les aider à affiner leur position sur les marchés.» Créée en 2011 et soutenue par le pôle Finance Innovation, la société a fait de l’exploitation en masse des données sur Internet, notamment celles disponibles sur les réseaux sociaux, sa spécialité afin d’offrir une information différente aux investisseurs. Elle propose notamment un indice de sentiment de marché pour les 500 valeurs composant le S&P 500, et répertorie des tendances macroéconomiques sur l’emploi, le commerce, l’immobilier…

Son succès repose aussi sur sa capacité à faire évoluer sa technologie. Prochainement, QuantCube devrait ainsi tirer parti des enseignements de son analyse des élections américaines pour affiner encore ses prévisions sur le résultat du référendum italien, prévu le 4 décembre. «Pour le moment, nous constatons déjà que le non pourrait l’emporter dans ce référendum qui s’apparente davantage à un vote de défiance vis-à-vis du gouvernement de Matteo Renzi comme une prise de position sur la Constitution italienne, mais il est trop tôt pour en tirer de véritables conclusions », ajoute Alexandre Damour. L’année 2017 s’annonce également chargée en risques politiques sur les marchés avec les élections en France, en Allemagne ou encore aux Pays-Bas. Autant d’occasions pour QuantCube de démontrer la robustesse de son modèle.