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Elections américaines

Quelle incidence sur les actions ?

04 novembre 2016 - optionfinance.fr

A quelques jours du résultat de l’élection présidentielle américaine, les pronostics vont encore bon train. Mais à l’instar de ce qui s’était passé lors du vote du référendum britannique où les investisseurs restaient optimistes sur un résultat en faveur d’un maintien du pays dans l’Union européenne, ils parient encore sur l’option qui leur paraît la plus raisonnable : Hillary Clinton au pouvoir. Pour autant, son avance dans les sondages n’a cessé de s’éroder ces dernières semaines au profit de Donald Trump. La fintech QuantCube, qui analyse les marchés à travers des algorithmes reposant sur le big data et avait été l’un des rares acteurs dans la finance à anticiper le vote en faveur du Brexit, a calculé le 3 novembre que ce dernier pourrait l’emporter à 50,4 % en analysant les données sur les réseaux sociaux. Un résultat qui vient corroborer les tendances des derniers sondages, qui sont donc devenus particulièrement serrés. «En effectuant une moyenne des dix derniers sondages, Hillary Clinton l’emporte encore à 53 % devant Donald Trump, précise Paul Jackson, responsable de la recherche multi-asset de Source. Mais elle avait 8 points d’avance il y a encore quelques semaines.»

La volatilité sur les marchés américains pourrait donc encore être importante avant le dépouillement du 8 novembre. Mais quelle que soit l’issue du vote, les deux candidats ne devraient pas avoir de répercussion négative sur les actions américaines sur longue période. Selon une analyse effectuée par le gestionnaire américain Source en compilant les données depuis 1853, la Bourse américaine progresserait en moyenne chaque année de 5 % sous un président démocrate, contre 3 % pour un républicain. Ces résultats reposent uniquement sur des statistiques et ne montrent pas de cause à effet entre l’évolution de la Bourse et les mesures prises par le parti politique au pouvoir. Mais en affinant les périodes étudiées, une grande tendance peut néanmoins être observée. «L’environnement le plus favorable à la progression des actions américaines est constitué d’un président démocrate ou républicain opposé à un Congrès en partie hostile (c’est-à-dire seulement la Chambre des représentants ou le Sénat avec une autre couleur politique), souligne Paul Jackson. Ce cas de figure pourrait très certainement arriver si Hillary Clinton arrive au pouvoir. Les actions américaines pourraient donc poursuivre leur progression, mais moins fortement que par le passé car il faut aujourd’hui tenir compte de leur niveau de valorisation déjà élevé.» Le ratio cours sur bénéfices ajustés du cycle atteint aujourd’hui 25, soit un niveau historique parmi les plus hauts. Si Donald Trump l’emporte, son caractère atypique et imprévisible pourrait chahuter à court terme les marchés. «Les propos de Donald Trump sont assez inquiétants, ce qui pourrait déstabiliser les marchés à court terme, d’autant qu’il détaille peu sa politique, convient Paul Jackson. Mais compte tenu de la répartition des pouvoirs aux Etats-Unis entre le Congrès et le président, son impact sur les marchés pourrait in fine être limité sur le long terme.»