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Un marché chinois source de forte volatilité en 2016

08 janvier 2016 - optionfinance.fr

Depuis le 1er janvier, l’Euro Stoxx 50 a perdu 5 %, le CAC 40 4,6 %, le S&P 500 6 % ou encore le Nikkei 7 %. Le repli de l’ensemble des Bourses mondiales, dû en grande partie à l’effondrement des marchés chinois – les indices de Shenzhen et de Shanghai ont respectivement décroché de 16,7 % et de 10 % (au 8 janvier) –, n’a pourtant pas surpris outre mesure les gestionnaires d’actifs. «Comme en 2015, la volatilité des marchés actions devrait rester forte cette année, et, à tout moment, nous pouvons encore enregistrer des décrochages à deux chiffres», prévient un spécialiste. Cette fébrilité des places financières s’explique notamment par l’inquiétude des investisseurs quant à la croissance mondiale.

Chaque mauvaise nouvelle chiffrée peut ainsi entraîner un repli boursier, comme ce fut le cas début janvier après la parution d’un indicateur manufacturier plus décevant qu’attendu en Chine.

Ce phénomène a certes été accentué par la mauvaise gestion de la crise en Bourse par le gouvernement chinois qui, depuis le précédent krach boursier de cet été, particulièrement violent, a mis en place des suspensions de cotation et des interdictions de ventes devenues de moins en moins efficaces. Les places boursières chinoises ont donc plongé plus fortement, et cette situation pourrait se reproduire à court terme.

Mais pour les gérants spécialistes des marchés émergents, la Chine n’est pas un pari à délaisser sur le long terme. Certes, la croissance de l’économie chinoise va continuer de ralentir dans les années à venir, compte tenu de la transition de son modèle qui ne repose plus sur des investissements industriels, mais sur la consommation domestique. Néanmoins, des opportunités restent nombreuses. «Nous apprécions particulièrement les entreprises issues de la nouvelle économie, comme celles tournées vers le e-commerce qui offrent de très bonnes perspectives, illustre Michel Audeban, directeur général de Gemway Assets, société de gestion spécialisée dans les marchés émergents. En revanche, nous restons en retrait des sociétés plus traditionnelles, comme les banques ou les valeurs industrielles.» Par ailleurs, le gestionnaire fait attention aux places de cotation. «Les valorisations des sociétés cotées à Shenzhen sont devenues excessives, avec un price earning (PE) ratio de 24, ajoute Michel Audeban. Ce marché dominé par les investisseurs locaux est entré dans une bulle spéculative, mais c’est moins le cas à Shanghai et a fortiori à Hong Kong, où les niveaux de valorisation sont désormais raisonnables (avec des PE 16 respectivement autour de 13 et 10).» S’il est difficile de sélectionner les bons gérants sur ce marché, une chose est sûre : les investisseurs n’ont pas intérêt à y être investis à travers de la gestion passive.