Stratégie

Bertrand Alfandari, BNP Paribas Easy

"La croissance du marché des ETF s'accélère"

Option Finance - 16 février 2018 - Communiqué

ETF

La demande des investisseurs pour les ETF a crû en moyenne de 20 %* par an ces dix dernières années en Europe. Simples d'utilisation et présentant des frais de gestion réduits, ces fonds permettent aux investisseurs de diversifier leur portefeuille. Pour Bertrand Alfandari, responsable du développement ETF chez BNP Paribas Easy, tous les ingrédients sont donc réunis pour que cette tendance se poursuive.

L’année 2017 a été très positive pour le marché des ETF…

Bertrand Alfandari : En ce qui concerne l’Europe, les encours arrêtés au 31 décembre s’élevaient à 635 milliards d’euros*, ce qui correspond à une progression de 40,6 % en un an. Il est rare d’observer un tel niveau de croissance dans le domaine de la gestion d’actifs. Surtout, cette croissance, deux fois plus importante que celle observée en moyenne ces dix dernières années, traduit une accélération de l’intérêt pour ces produits... Si elle a été portée par l’effet marché, c’est-à-dire par les performances des ETF répliquant des indices actions portés par la bonne performance des marchés, elle l’a également été par le niveau soutenu de la collecte nette, qui a atteint 85,7 milliards d’euros, à comparer à un chiffre de 38,9 milliards d’euros en 2016. Cette année a été particulièrement porteuse pour BNP Paribas Easy, l’activité indicielle de BNP Paribas Asset Management, avec une progression de plus de 50 % de nos encours sur l’année 2017 ; cela place BNP Paribas à la 3e place en Europe en termes de taux de progression des encours sur un an.

Par ailleurs, la connaissance de ce type d’instruments et de leur valeur ajoutée dans un portefeuille progresse, à la fois chez les investisseurs professionnels et, avec un peu de décalage, chez les particuliers.

Quels types de produits ont eu le plus de succès en 2017 ?

Ce sont en premier lieu les ETF actions, la collecte nette est passée de 14 milliards d’euros en 2016 à 58,9 milliards l’an dernier, principalement sur les actions européennes et sur les actions monde. Les ETF sur cette classe d’actifs ont ainsi totalisé plus des deux tiers de la collecte globale en 2017.

Compte tenu du contexte sur les marchés de taux, la collecte est en revanche restée quasiment stable pour les ETF obligataires (20,7 milliards d’euros en 2017, contre 20,3 milliards en 2016). Malgré la hausse prévisible des taux, il est probable que cette classe d’actifs connaisse un nouveau regain d’intérêt au sein des ETF obligataires, les investisseurs choisissant d’investir leurs liquidités sur des supports obligataires disposant de frais de gestion faibles afin d’en améliorer la performance(*) nette finale (entre 0,15 et 0,20 % pour la majorité des fonds au sein de notre gamme).

(*) Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir.

Peut-on s’attendre, pour 2018, à une poursuite de cette dynamique sur les ETF ?

L’accélération que nous avons connue l’an passé devrait se poursuivre car le mouvement d’intérêt pour les ETF est logique : ce sont des produits simples à comprendre et à utiliser et disposant de frais de gestion annuels modérés.

Par ailleurs, l’entrée en vigueur de la réglementation MIF 2, qui prévoit notamment la fin des rétro-commissions pour certains intermédiaires financiers, devrait davantage renforcer l’intérêt des investisseurs professionnels sur ces produits au cours des prochains mois et années. Certains acteurs, comme les banques privées ou les CGPI (conseillers en gestion de patrimoine indépendants) qui ont opté pour un modèle indépendant, ne vont plus se rémunérer sur les fonds proposés à leurs clients, mais plutôt sur le service de gestion conseillée qu’ils leur rendent ou sur les modèles d’allocation d’actifs qu’ils leur proposent. C’est à ce titre que les ETF et les fonds indiciels seront utilisés comme supports d’investissement dans les portefeuilles modèles ou les allocations d’actifs cibles ; les intermédiaires financiers pourront dès lors offrir à leurs clients un service clé en main en matière de gestion de portefeuille.

Enfin, incités à retrouver le chemin des marchés actions, les particuliers pourraient se tourner vers les ETF car ils sont très simples à comprendre et à utiliser. En France, par exemple, les investisseurs particuliers ne représentent qu’environ 10 % des encours détenus, alors qu’ils détiennent plus de la moitié des encours en ETF aux Etats-Unis. C’est un constat que l’on fait également dans la plupart des pays de la zone euro, et qui pourrait présager d’une hausse importante des encours investis en ETF ces prochaines années... A condition que les caractéristiques et les avantages des ETF leur soient bien expliqués.

Quels sont vos axes de développement prioritaires en 2018 ?

Dans les prochains mois, nous allons mettre l’accent sur l’investissement responsable. Sur cette thématique, notre offre compte déjà deux ETF sur des indices ISR (investissement socialement responsable), un autre sur le bas carbone, ainsi qu’une gamme de dix ETF sur les indices MSCI qui excluent les armes controversées. Nous avons donc un positionnement fort en Europe sur cette thématique qui fait partie de l’ADN de BNP Paribas Asset Management ; nous avons d’ailleurs été les premiers à avoir lancé un ETF sur un indice bas carbone ainsi que sur des indices qui excluent les armes controversées. La collecte est très encourageante sur les fonds indiciels cotés qui intègrent une approche responsable. A titre d’exemple, les encours de notre ETF Low Carbon, qui étaient de 60 millions d’euros l’été dernier, atteignent aujourd’hui près de 280 millions d’euros.

Les investissements réalisés dans les fonds sont soumis aux fluctuations du marché et aux risques inhérents aux investissements en valeurs mobilières. La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l’intégralité de leur placement. Les fonds décrits présentent un risque de perte en capital.

* Toutes les données chiffrées sur le marché ont pour source ETFGI, en date du 31 janvier 2018.