Stratégie

Arnaud Monnet, directeur général d’Horizon Asset Management

«Vers une démocratisation du private equity immobilier»

Funds Magazine - Mai 2018 - Communiqué

Immobilier

De plus en plus d’intervenants et de solutions d’investissement, un intérêt soutenu de la part de toutes les catégories d’investisseurs : le capital investissement immobilier a le vent en poupe. Le point avec Arnaud Monnet, directeur général d’Horizon Asset Management, société de gestion spécialisée sur ce segment de marché depuis 2010.

Arnaud Monnet, directeur général, Horizon Asset Management
Horizon Asset Management

De plus en plus de grands noms du private equity développent leur offre d’investissement dans l’immobilier. Pour quelles raisons se tournent-ils vers ce segment de marché ?
Depuis environ un an, on constate effectivement un intérêt croissant des acteurs traditionnels et généralistes du private equity pour l’immobilier. Ceux-ci doivent en effet trouver de nouveaux relais de croissance, étant donné que l’argument fiscal pour investir dans les PME via le private equity a disparu avec l’ISF. Dans ce contexte, l’immobilier présente de nombreux atouts. Le secteur, qui bénéficie encore d’un cycle porteur, est en bonne santé. Par ailleurs, la pierre est un actif réel sur lequel appuyer un patrimoine et elle fait figure de valeur refuge, autant d’éléments qui rassurent les investisseurs.

De fait, les investisseurs, et notamment les particuliers, s’intéressent de plus en plus à cette classe d’actifs…
On assiste effectivement à une démocratisation du private equity immobilier. Ceci est le résultat du travail que nous, spécialistes du métier, avons accompli, par exemple en proposant des fonds ayant le visa AMF ou en fixant des tickets d’investissement faibles. Le crowdfunding – même si son modèle diffère en plusieurs points du private equity – a aussi contribué à ce phénomène, en apportant de la visibilité au financement de la promotion immobilière.
Cet intérêt pour le private equity immobilier s’explique par la nécessité de diversifier les patrimoines, notamment vers des actifs non cotés. Au cours des dernières années, on a pu constater qu’ils étaient finalement moins volatils que les actifs cotés, ce qui explique qu’ils occupent une place grandissante dans les portefeuilles.

Quels sont vos axes de développement pour faire face à ce nouvel environnement concurrentiel ?
Nos solutions d’investissement reposent historiquement sur l’immobilier résidentiel en France – principalement sur des projets à taille humaine situés en Île-de-France – et en Allemagne, avec des opérations de réhabilitation de bâtiments classés. Cette année, nous allons élargir notre zone d’intervention géographique à d’autres métropoles paneuropéennes et à d’autres centres de développement économique européens qui présentent des caractéristiques similaires à nos marchés historiques. C’est notamment le cas de Barcelone et de Bruxelles. Nous allons aussi élargir notre offre d’investissement à de grandes villes de l’Hexagone, par exemple Bordeaux, Lyon ou Nantes.
Ces développements sont le fruit d’un long travail de prospection. Nous avons dû constituer des réseaux et nouer des partenariats locaux, capables de répondre aux contraintes financières du private equity.

Vous êtes également convaincus du potentiel de l’immobilier ISR. Avez-vous de nouveaux projets dans ce domaine ?
L’immobilier ISR permet de répondre à une double problématique : d’un côté, résoudre le déficit de logements, notamment sociaux et solidaires, et, de l’autre, répondre à la demande des investisseurs, qui s’intéressent de plus en plus à l’investissement socialement responsable. Les institutionnels manifestent une réelle appétence pour ce type de placements, d’autant qu’ils doivent désormais respecter un certain nombre de contraintes légales en la matière. Les investisseurs privés haut de gamme, comme les family offices, ont eux aussi déjà franchi le pas de l’ISR. Et on s’achemine progressivement vers une démocratisation totale de ce type d’investissements.
Nous avons lancé notre offre sur ce segment il y a un an et demi. Pour le moment, nous disposons d’un seul véhicule d’investissement. Il s’agit d’une société en placement privé dotée de l’agrément ESUS (entreprise solidaire d’utilité sociale), qui est délivré par la préfecture. Le but est de participer à des opérations de promotion et de réhabilitation à vocation sociale et environnementale. Les investissements sont très transparents et très lisibles pour les investisseurs, puisque toutes les opérations sont soumises à leur vote. Nous allons étoffer notre gamme cette année, en proposant des fonds ISR, qui seront vraisemblablement lancés au second semestre. Notre but est de décliner notre offre d’investissement socialement responsable également sur le marché immobilier allemand.