L'analyse de Bernard Aybran

Dans les coins

Option Finance - 29 janvier 2018 - Bernard Aybran, Invesco

Lorsque des interlocuteurs totalement étrangers au sujet prennent position sur un marché, c’est qu’il est en train de changer de dimension, pour le meilleur ou pour le pire. Or, ces derniers temps, régulateurs, banquiers centraux, mais aussi quelques stars, tous se sont exprimés sur le bitcoin, chacun dans son style, chacun dans son rôle. En omettant un détail : qu’est-ce que c’est, au juste, le bitcoin ? Une monnaie virtuelle ? Mais est-ce bien une monnaie ?

Les manuels d’économie expliquent qu’une monnaie doit remplir trois fonctions, au premier rang desquelles être un instrument de transaction. Mais les transactions en bitcoins ne se déroulent que dans des cadres très spécifiques, voire occultes ou illégaux, et il n’est pas encore question d’aller acheter son pain ni sa voiture en bitcoins. Une monnaie doit également servir d’unité de compte : la valeur d’un bien ou d’un service peut être mesurée grâce à elle. Mais si la valeur de l’unité de compte varie elle-même de dizaines de pourcents chaque semaine, la mesure devient impossible. C’est d’ailleurs ce qui se produit dans les pays où frappe l’hyper-inflation : la valeur de la monnaie change tellement chaque jour que les transactions passent de moins en moins par elle. De même, des variations par trop importantes empêchent de fait le bitcoin de remplir la dernière fonction de la monnaie : celle de réserve de valeur.

Difficile, dans ces conditions, de ranger le bitcoin parmi les monnaies. Il reste un objet financier non identifié.