Le blog de Jean-François Boulier

Les actions battent en retraite

Option Finance - 26 février 2018 - Jean-François Boulier, président de l’Af2i

Les turbulences de Wall Street doivent-elles inquiéter les investisseurs européens ? Non, sur le plan strictement financier, mais un peu tout de même, en raison de la faiblesse de la demande d’actions, en zone euro notamment.

La fin du cycle américain extrêmement long au regard de l’histoire se fait chaque jour de plus en plus sentir. Le retour encore discret de l’inflation mais, surtout, la remontée des taux monétaires claire, bien que mesurée, ne trompe personne, hormis peut-être le Président Trump dont le programme de relance à ce stade du cycle peut étonner. Que la Bourse américaine, chère depuis plusieurs trimestres, montre des signes de faiblesse n’a en soi guère de quoi surprendre.

L’embellie cyclique est tangible en Europe, à l’exception des îles britanniques, et les valorisations y sont restées sages, voire même, pour certaines valeurs ou secteurs, attractives.

La remontée légère des taux y est davantage la correction d’un excès à la baisse consécutive de la politique de rachats de la BCE. Pas de menaces sur le front des fondamentaux, ni réellement sur celui des valorisations. Pourtant les Bourses européennes s’enrhument.

Qui achètera les titres vendus par les institutions américaines rééquilibrant leurs portefeuilles si les actions là-bas continuaient à décrocher ? La faiblesse notoire des provisions en vue de la retraite en zone euro ne constituera pas la contrepartie acheteuse, c’est un facteur structurel de fragilité des Bourses européennes. L’ampleur des fonds en euros en France, le substitut de troisième pilier en France, n’est pas d’un grand secours compte tenu des règles de Solvabilité 2. Des solutions ont été essayées, le contrat eurocroissance ici, le Perco là avec des succès divers. Mais l’appétit des épargnants n’est hélas pas assez fort pour qu’ils se portent acheteurs lorsque les opportunités se présenteront.