Le blog de Philippe Waechter

La démission de Fischer change la donne

Option Finance - 11 septembre 2017 - Philippe Waechter, directeur de la recherche économique, Natixis AM

La sérénité semble régner à la Banque centrale européenne, c’est en tout cas l’impression que donnait Mario Draghi lors de sa conférence de presse le 7 septembre. Les oppositions n’apparaissent pas suffisamment fortes et brutales pour inverser la politique monétaire et prendre le risque d’un coup d’arrêt à la croissance.

Cette sérénité n’est probablement pas aussi marquée à la Réserve fédérale américaine (Fed), après la démission de son vice-président Stan Fischer. D’un seul coup, l’équilibre au sein de la Fed est menacé par la recomposition qui va s’opérer. Parmi les sept membres du board, il restait quatre membres nommés par Barack Obama et trois postes vacants à nommer par Trump. L’équilibre pouvait encore être du côté des «anciens», afin de mener une politique monétaire cohérente. Ce ne sera plus le cas.

Un membre a déjà été nommé récemment et attend sa confirmation. Pour les trois autres, il va falloir trouver des candidats pour éviter que la crédibilité de la banque centrale ne soit affectée. En effet, si Trump agit comme avec son administration, les postes ne seront pas renouvelés de sitôt. Ce n’est peut-être pas si grave, car il y a peu d’économistes de talent piaffant d’impatience de devenir banquiers centraux. Dès lors, qui seront les candidats de Trump ? Le risque majeur est que la majorité républicaine réduise l’indépendance de la Fed. De nombreux rapports suggèrent la mise en œuvre d’une règle de politique monétaire. Il n’y aurait plus de capacité de jugement et la crédibilité de la Fed serait en cause. La gestion de cette démission sera donc capitale pour les Etats-Unis, mais pas seulement.