Le blog de Thierry Million

Banques centrales, arrêtez donc d’être «dovish»

Option Finance - 20 novembre 2017 - Thierry Million, Allianz Global Investors France

Depuis la crise de 2007, les fondamentaux économiques ont rarement été aussi robustes et synchronisés dans les pays développés. Aussi, les banques centrales réduisent graduellement le caractère accommodant de leurs politiques monétaires, mais tiennent un langage visant à limiter la hausse des taux d’intérêt, autrement dit usent d’une communication «dovish».

A l’issue de son dernier comité, la BCE a confirmé la réduction en 2018 du montant de ses achats mensuels de 60 milliards d’euros à 30 milliards d’euros, qu’elle maintiendra jusqu’en septembre prochain. Pour s’assurer du caractère «dovish» de sa décision, elle a mentionné la possibilité d’une extension de durée.

De même, la Banque centrale américaine normalise à reculons, en relevant ses taux Fed Funds à pas prudents de 0,25 % et en réduisant la taille de son bilan pendant plus de quatre ans. Elle agit de la sorte sous couvert d’une inflation encore trop faible, alors que la vigueur de la croissance fait baisser le taux de chômage à un niveau record de 4,1 %.

Dans un registre similaire, la Banque d’Angleterre a remonté ses taux directeurs de 0,25 % le 2 novembre, pour la première fois depuis 2007. Elle a accompagné son action d’un message «dovish» en arguant qu’il ne s’agissait pas d’un nouveau cycle de hausse et que les négociations du Brexit entraient en ligne de compte.

Il est dommageable que les banques centrales restent expansionnistes, alors que les économies n’en ont plus besoin. C’est justement quand le cycle de croissance s’accélère qu’il faut arrêter le bazooka monétaire et se reconstituer des munitions pour la prochaine crise.