Le blog de Thierry Million

La volatilité, un proxy du risque

Option Fianance - 26 février 2018 - Thierry Million, Allianz Global Investors

En 2017, l’indice VIX, qui estime la volatilité future du S&P 500, n’avait pas dépassé 17 %. Au début de ce mois de février, pendant la correction des marchés d’actions américains, le VIX s’était envolé à 50 % en deux jours. Il est ensuite retombé à 19 %. S’agit-il des prémices d’un changement de régime ?

Les politiques monétaires des banques centrales de quasi-suppression des taux d’intérêt et d’injections massives de liquidités ont été d’énormes déflateurs de volatilité. La transparence de leur «forward guidance» a diminué drastiquement l’incertitude. Ces opérations ont stimulé la croissance mondiale, mais elles ont également encouragé les investisseurs en recherche de rendements attractifs à s’aventurer dans des univers de risque qui vont au-delà de leur périmètre habituel. La faiblesse de la volatilité donne l’illusion d’une absence de danger sur des placements potentiellement illiquides et dont la probabilité de défaut n’a pas forcément diminué.

Or, l’inversion actuelle des politiques monétaires, raréfiant et renchérissant les liquidités, provoque des débouclements soudains de positions. Celles-ci deviennent intenables du fait de la hausse des métriques de type «Value at Risk». Ce phénomène procyclique est encore exacerbé par le trading algorithmique, prompt à accentuer les mouvements. De surcroît, les investisseurs qui habituellement achètent à la baisse pour capter de fortes primes de risque sont freinés par les nouvelles réglementations.

Cette dernière flambée du VIX ne s’est pas propagée à l’ensemble des classes d’actifs. Néanmoins, la mise en place d’une nouvelle hiérarchie des rendements s’accompagnera d’inévitables pics de volatilité.