Un nombre croissant de directeurs financiers décide de travailler à temps partagé, c’est-à-dire pour plusieurs entreprises. Si ce statut permet de jouir d’une plus grande liberté et de réaliser des missions très diversifiées, il implique une rémunération plus aléatoire et un plus grand investissement dans la prospection commerciale.
De plus en plus de directeurs financiers sont tentés par le travail à temps partagé. Ces DAF décident de travailler pour plusieurs PME, souvent à la suite d’un accident de parcours. Le déclic peut intervenir après un licenciement. «J’ai été salariée pendant quinze ans au sein des services financiers de grandes sociétés de logiciels, témoigne Morgane Rollando, directrice financière. Puis j’ai découvert, à mon retour de congé maternité, que mon poste allait disparaître. En 2009, j’ai alors eu envie de travailler à mon compte, et pour de plus petites structures.» Elle décide de proposer ses services à plusieurs start-ups. Pour cela, elle crée fin 2010 sa société, Synerfia, spécialisée dans les services de direction financière à temps partagé.
Plus rarement, d’autres professionnels choisissent cette voie en quittant d’eux-mêmes leur activité salariée. «Après avoir été directeur financier dans une grande entreprise, puis dans une PME, j’ai décidé de me mettre à mon compte en 2009, à 45 ans, car j’aspirais à autre chose», indique Guy Degeorges, directeur financier à temps partagé, et responsable du groupe de travail «DAF à temps partagé» de l’Association nationale des directeurs financiers et de contrôle de gestion (DFCG). Et comme eux, ils seraient environ 500 à avoir choisi cette voie en France, d’après le dernier comptage du groupe de travail. «Leur nombre ne cesse d’augmenter, d’autant que nous constatons l’arrivée de professionnels plus jeunes, âgés d’une quarantaine d’années,...