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Les mastères spécialisés ont la cote !

Option Finance - 16 avril 2018 - Thomas Feat

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De plus en plus d’étudiants et de professionnels désireux d’évoluer dans la finance se tournent aujourd’hui vers les mastères spécialisés de la discipline. Prisées des recruteurs, ces formations d’une année permettent à leurs élèves d’acquérir un niveau d’expertise plus élevé que celui des programmes académiques généralistes.

Ces dernières années, à la faveur d’une complexification des métiers financiers, induite notamment par leur mathématisation et leur digitalisation, l’intérêt pour les mastères spécialisés finance n’a cessé de croître. Entre 2010 et 2017, les candidatures présentées à l’entrée de ces formations ont été multipliées par sept, passant de 300 à 2 000 par an environ, selon des données collectées auprès des différents établissements.

Lancés pour la première fois en 1987, ces programmes occupent une place à part dans la vaste galaxie des cursus financiers de l’enseignement supérieur français. Dispensées par des établissements membres de la Conférence des grandes écoles (CGE), recrutant sur dossier, ces formations d’un an s’adressent en priorité à des étudiants détenteurs d’un master 2 (bac + 5) désireux d’acquérir des compétences de pointe dans une discipline spécifique ou, lorsqu’elles portent la dénomination «executive», à des actifs soucieux d’ajouter de nouvelles cordes à leur arc pour évoluer dans l’entreprise. «L’engouement croissant des candidats pour les masters spécialisés finance est justifié notamment, au moins pour la formation initiale, par un très fort taux d’embauche à trois mois, de l’ordre de 75 % en moyenne, indique Jean-François Fiorina, directeur général adjoint de Grenoble Ecole de management et porte-parole au sein de la CGE. S’agissant des “executive” mastères spécialisés, réservés aux professionnels, les retours des participants sur leur évolution de carrières sont à plus de 90 % positifs, tant du point de vue professionnel que salarial.»

Une proximité avec l’entreprise

Les mastères spécialisés finance se distinguent des programmes financiers de deuxième cycle (du bac au master) par une plus grande exhaustivité et un degré de technicité plus poussé. «Un positionnement qui diffère en outre de celui du Master of Business Administration (MBA) en parcours continu, de portée plus généraliste et managériale», précise Frédéric Aymonier, fondateur-associé du cabinet de recrutement Fitch Bennett Partners.

Concrètement, si les majeures finance des grandes écoles totalisent entre 120 et 150 heures de cours, matières optionnelles comprises, ce nombre est porté à 450 heures en moyenne pour les MS associés à cette spécialité. A cette partie théorique vient s’ajouter la rédaction d’une thèse tutorée et notée par un jury. «Au terme de notre formation post-master 2, un étudiant désireux de rejoindre les départements fusions et acquisition ou ECM (Equity Capital Market) d’une banque d’affaires pourra justifier de 150 heures de cours dédiés spécifiquement à ces sujets, contre une quarantaine pour un élève diplômé du programme traditionnel», indique Philippe Thomas, directeur scientifique du mastère spécialisé Finance de l’ESCP-Europe. C’est un atout de taille pour séduire les recruteurs à la recherche de techniciens rapidement opérationnels.»

Le niveau élevé de compétence acquis par les élèves est également lié à la très forte proximité de ces programmes avec les institutions financières et les entreprises. «Plus de la moitié du corps professoral intervenant dans nos deux cursus quantitative finance et ingénierie financière est constitué d’actifs en poste, détaille Hervé Gasiglia, directeur du pôle mastères spécialisé d’EM Lyon Business School. Outre l’apport qualitatif sur le contenu pédagogique des cours, cette proximité avec le marché du travail garantit à notre formation une visibilité constante et entretient sa réputation.» Sur le plan de la recherche d’emploi, la plupart des établissements proposent, parallèlement au volet théorique, des séances de coaching dispensées par des spécialistes de l’insertion professionnelle, dédiées notamment à la rédaction de curriculum vitae, à la valorisation de candidature et à la préparation aux entretiens de recrutement.

Certains établissements valorisés

Bien entendu, accéder à ce sésame a un prix. Les mastères spécialisés finance affichent un coût annuel médian (prix de la scolarité et frais annexes) supérieurs de 50 % à celui des formations post-prépas, soit 23 000 euros en moyenne. Toutefois, leurs élèves peuvent prétendre à des salaires souvent plus élevés du fait de la rareté de leur profil. Par ailleurs, si l’investissement peut sembler conséquent, la période d’amortissement pour les diplômés n’excède pas, en général, cinq ans. «Ce délai se raccourcit même significativement pour les étudiants qui se destinent à la banque d’affaires, où le salaire moyen à l’embauche, 70 000 euros, est plus élevé que chez les corporates», commente Philippe Thomas. Pour réduire le coût de leur formation, les étudiants peuvent solliciter des bourses qui peuvent atteindre 4 000 euros dans certains établissements.

L’engouement des étudiants et des professionnels pour ces formations ne doit cependant pas faire oublier une réalité : par-delà leur contenu pédagogique unanimement reconnu, leur valorisation repose également sur les noms des établissements qui leur sont associés, tout comme les salaires auxquels peuvent prétendre les jeunes diplômés. «Même avec la meilleure volonté, une personne entrant sur le marché du travail n’accédera pas à certaines sphères, dans la banque d’affaires notamment, si elle n’est pas passée par des établissements spécifiques, confie Mikaël Deiller, director finance & accounting chez Michael Page. La finance demeure un domaine très attaché à la marque et au réseau.» Charge au candidat de bien cibler son école avant toute candidature.